C O N T R Ô L E R

Prévoir, organiser et contrôler : ce sont là les trois tâches du chef. Il prévoit avec prudence et justice, il organise en donnant la vie à son entreprise, et il contrôle avec le pouvoir.

Nous allons donc terminer ce livre sur une note bien pratique : comment augmenter l'efficacité du chef dans sa fonction de contrôle, ce qui ne manquera pas de plaire à tous ceux et celles qui ont parcouru ce livre à la recherche de recettes magiques pour augmenter leur pouvoir.

Après avoir dit un mot sur le contrôle de l'efficacité du changement, nous examinerons trois pouvoirs énormes mais limités pour ensuite proposer trois formes de pouvoir délicat mais illimité.

Le ratio du changement

Le mot contrôle serait utilisé depuis le quatorzième siècle pour désigner un " registre (rôle) tenu en double, l'un servant à vérifier l'autre (d'où contre) ". En d'autres termes, contrôler, c'est vérifier si ce qui est écrit de la main gauche correspond à un geste vrai de la main droite.

La comptabilité par parties doubles serait une invention des banquiers vénitiens qui étaient les financiers du commerce international de leur époque. A partir du moment où les écritures comptables se reportent à gauche et à droite, au débit et au crédit, à l'actif et au passif, on peut commencer à les comparer et à établir des rapports mathématiques entre elles.

Les Italiens inventent donc aussi les ratios. La notion de rendement apparaît alors. Le rendement est le rapport (ratio) entre le profit et l'investissement, entre le résultat et l'effort nécessaire pour le produire.

Si on veut augmenter la productivité, il faut accroître le résultat ou diminuer l'effort. L'efficacité d'un paresseux productif est donc très élevée : sans trop se forcer, il produit le même résultat que celui qui utilise un énorme pouvoir.

Dans les premiers chapitres, nous avons déjà défini le pouvoir comme étant la capacité à faire des changements. Le contrôle de l'efficacité d'un chef se fait donc en comparant le changement obtenu par rapport au pouvoir exercé pour le provoquer.

Afin de récompenser les lecteurs qui ont bien voulu me suivre jusqu'ici, j'ai l'intention de leur fournir ci-après une recette miracle pour multiplier l'efficacité des changements qu'ils veulent apporter dans leur entreprise : la diminution du pouvoir.

Dans cette dernière partie qui traite du contrôle, nous regarderons les déviations et les limites des trois formes traditionnelles du pouvoir : le pouvoir magique, le pouvoir possessif et le pouvoir instrumental. Nous tenterons de leur substituer trois formes humanisantes du pouvoir : le pouvoir révélateur, le pouvoir médiateur et le pouvoir libérateur.


Suite : Le pouvoir révélateur 

Diriger autrement. | Page d'accueil d'Albert Davoine.

Merci de votre visite !

ŠAlbert Davoine (1997)