Diriger autrement

Pourquoi ?

Diriger, c'est la mission du chef. Et la tâche consiste à prévoir, à organiser et à contrôler, dans la joie.

En effet, diriger les autres sans être heureux soi-même, cela n'a pas de sens, ce n'est ni raisonnable ni efficace.

Celui qui n'offre pas à son équipage l'image intéressante d'une personne accomplie, n'exerce qu'une faible influence sur ses compagnons de route.

Au contraire, le père ou la mère, le professeur ou la directrice, dont les personnalités rayonnent par la sérénité, la joie et le sens qui se dégagent de leur vie, ces leaders éduquent, entraînent et motivent par le simple désir de leur ressembler qu'ils suscitent chez les autres.

Éduquer ou diriger, c'est donner l'exemple, c'est se donner aux autres, avec plaisir

Le chef doit se mettre au service de la société en mutation, comme un éducateur.

On appelait pédagogue, dans l'antiquité, ce serviteur qui avait pour tâche de conduire les enfants à l'école. Éduquer, c'est conduire sur le chemin de l'école de la vie, pour aider un peu, mais du mieux qu'on peut, l'humanité à avancer d'un pas, de génération en génération.

Diriger, c'est montrer le chemin, donner la main en route, et puis laisser aller. C'est révéler, aider et libérer.

Si la personnalité du chef est accomplie, s'il est heureux, pourquoi rechercherait-il encore le pouvoir ?

Le pouvoir est essentiellement la capacité de changer ou d'amener des changements.

Quel changement peut-il bien vouloir apporter s'il est déjà heureux ? Plus de bonheur ? Plus de sérénité ? Plus de joie ?

Ceux qui en ont fait l'expérience savent que le bonheur ne se compte pas, qu'il ne s'accumule pas, mais qu'il se cultive comme un champ de blé, avec quelques coquelicots apparemment inutiles...

Le chef heureux dirige autrement : pour cultiver son champ, pour planter inlassablement des arbres, pour l'avenir. 

Celui ou celle qui a acquis le pouvoir intime de se changer assez pour vivre heureux dans son entourage n'a plus besoin du pouvoir magique, possessif ou instrumental pour changer le monde.

Il ou elle est capable de renoncer à ces formes de pouvoir pour se mettre au service des autres.

Paradoxalement, comme c'est le cas bien souvent en philosophie, celui qui renonce ainsi à ces pouvoirs traditionnels, pour exercer un pouvoir libérateur, révélateur et médiateur, exerce en fait une influence considérable pour amener des changements profonds.

Il devient véritablement puissant car il génère le sens. Il donne le signal du départ de la société sur le chemin de l'école du bonheur.

 

Prévoir, organiser et contrôler,

ce sont trois tâches pour diriger et trois conditions pour réussir.

 

Les philosophes anciens et les psychologues modernes relient la réussite d'une vie humaine à trois éléments essentiels : la vision, la connaissance et la maîtrise de soi.

En effet, pour être heureux, il faut avant tout se voir heureux. Pour conduire la troupe vers un idéal, il faut voir cet idéal d'avance, il faut donc prévoir.

 

Ensuite, pour organiser, c'est-à-dire pour repérer, rassembler et coordonner les ressources en vue de la mission à remplir, il faut avant tout connaître intimement ses propres compétences et celles de son entreprise et allier tous ces talents dans la liberté créatrice.

 

Enfin, pour agir avec discernement face aux circonstances toujours changeantes, il faut être maître de soi et contrôler son pouvoir, en distribuant équitablement les ressources, les responsabilités et les profits avec le souci de servir la justice, le fondement vital de la société.

 

La société contemporaine a un urgent besoin de chefs visionnaires, humanistes et rebelles face à l'envahissement de la bureaucratie, du dogmatisme économique et du mensonge politique.

 

Que ce soit dans la petite entreprise ou au gouvernement, quand la mode actuelle aura terminé ses ravages, il faudra bien diriger autrement et accepter pour mission de redonner du sens à l'entreprise et à la société.

 

J'écris donc pour les chefs résistants et pour ceux et celles qui se préparent à prendre la relève.

 

En suivant l'exemple de tant de gens qui soignent et qui aident leur prochain humblement et quotidiennement, j'ai écrit avec un brin d'humour et une touche de poésie, les mots qui me viennent à l'esprit en remontant par le cœur, pour aider à être vrai, à accepter la mission et à rester fidèle.

J'ai écrit ce que j'entends, ce que j'écoute, et ce que je dis à mes élèves et à mes amis, les dirigeants d'entreprises qui viennent se raconter et chercher un peu de fraternité.

J'ai écrit pour aider les chefs à être heureux et à diriger autrement.


Suite : Trois obstacles à la vision

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©Albert Davoine (1997)