Albert Davoine - Archives du journal - Huitième année - 2006
Relâche de mai à décembre 2006.
Le vendredi 5 mai 2006. Aide divine.
Un curé qui se promène dans la nature est pris dans des sables mouvants.
Alors qu'il s'enfonce jusqu'aux chevilles, un camion de pompiers passe par là.
- Vous avez besoin d'aide?
Ce n'est pas nécessaire, le Seigneur me viendra en aide!
Alors que le curé s'enfonce jusqu'à la ceinture, le camion repasse et les
pompier lui reposent la question:
- Vous avez besoin d'aide?
- Ce n'est pas nécessaire, le Seigneur me viendra en aide!
Lorsque le curé n'a plus que la tête dehors des sables, les pompiers passent une
troisième fois: - Vous n'avez toujours pas besoin d'aide?
- Ce n'est pas nécessaire, le Seigneur me viendra en aide!
Alors le curé s'enfonce complètement et lorsqu'il arrive au paradis dit au
Seigneur:
- Je suis vraiment déçu, je pensais vraiment que Vous me viendriez en aide!
Et le Seigneur lui répond
- Je t'ai envoyé 3 fois les pompiers, je ne vois pas ce que je peux faire de
plus!
De la part de Francis.
Le mardi 18 avril 2006. Mesdames, messieurs,
Je tiens à vous dire ici ma détermination sans faille pour clamer haut et fort
que la conjoncture actuelle interpelle le citoyen que je suis et nous oblige
tous à aller de l'avant. Dès lors, sachez que je me battrai pour faire admettre
que le particularisme dû à notre histoire unique entraîne une mission somme
toute des plus exaltantes pour moi : l'élaboration d'une valorisation sans
concession de nos caractères spécifiques dans la voie d'une restructuration dans
laquelle chacun pourra enfin retrouver sa dignité.
Cours de langue de bois par iFRAP
Le lundi 17 avril 2006. Le sexe des anges (pour mon ami Germain)
Les anges, si l'on en croit la Bible, préfèrent les femmes. Ils se comportent
avec délicatesse quand ils apparaissent à Anne, la mère de Samuel, et à Agar,
lorsque celle-ci erre dans le désert avec son fils Ismaël. Dans le Livre de
Tobie, l'ange Raphaël ne tarit pas d'éloges sur la jeune Sara. Et quand Gabriel
vient saluer la Vierge Marie, c'est avec une incomparable déférence. On ne
saurait, cependant, à cause de leur nature, les qualifier de parfaits gentlemen.
En revanche, s'adressant aux hommes, ils font preuve d'une autorité qui n'admet
aucune discussion, parfois n'hésitent pas à employer la manière forte - dans le
combat de Jacob - ou les mesures punitives : le même Gabriel qui se montrera si
prévenant à l'égard de Marie, répondant avec respect à la question qu'elle lui
pose, rend Zacharie muet parce que le vieil homme lui demande une explication,
somme toute légitime. Mais Zacharie a mis en doute la parole de l'ange, alors
que Marie le croit et adhère sans réserve au message qu'il lui transmet de la
part de Dieu.
Cette préférence n'est pas une question de désir, encore moins de sexualité :
les anges n'ont pas de sexe. Sans trancher dans le vif - si l'on ose dire -, les
Pères conciliaires de Nicée II (787) leur ont dénié cet attribut, enseignant
que, ne possédant point de corps, ces créatures célestes ne sauraient avoir une
portion d'un tout inexistant : aussi, comme dirait mon amie Alix dans ses
Archives des Anges12, pas de corps, pas de zizi et donc pas de parties de jambes
en l'air, ils n'ont d'ailleurs pas de jambes non plus. Ni d'ailes. L'affaire est
(presque) réglée, car le même concile de Nicée II leur reconnaît une sorte de
corporéité, un corps éthéré, une subtile enveloppe de lumière, invisible
habituellement aux hommes. Et, au milieu du XVe siècle, les habitant de
Constantinople remettent ça : on discute du sexe des anges, dans la première et
plus célèbre des querelles byzantines qui, depuis ce temps et à toute époque,
ont donné au dernier des pinailleurs l'illusion qu'il était un grand rhéteur. Il
n'est que de regarder aujourd'hui l'arène politique pour le constater, lorsque
les uns et les autres débattent de la démocratie : comme le sexe des anges,
cette dernière est un semblant de réalité sur lequel chacun énonce un avis
d'autant plus péremptoire qu'il sait fort bien, en son âme et conscience, ne
traiter pour le moins que d'une utopie, d'un leurre le plus souvent. Alix
relègue au rang des légendes la querelle sur le sexe des anges :
Les habitants de Constantinople s'engueulaient, certes, avec force syllogismes
biseautés et arguties théologiques, mais à propos d'une éventuelle union avec le
pape de Rome. N'empêche que cette « querelle byzantine » est passée dans le
langage courant. Discuter du sexe des anges signifie enfiler des perles ou, plus
clairement encore, empapaouter les mouches13.
A l'époque, il y a belle lurette que l'on ne discute plus de la prétendue
lubricité des esprits célestes, question qui constitua à l'époque patristique un
casse-tête pour les théologiens, à cause d'un passage de la Bible :
Lorsque les hommes commencèrent d'être nombreux sur la face de la terre et que
des filles leur furent nées, les fils de Dieu trouvèrent que les filles des
hommes leur convenaient et ils prirent pour femmes toutes celles qu'il leur plut
(Gen 6 , 1-2).
La suite dans le livre :
Les Anges et leurs Saints, de Joachim Bouflet, Le jardin des Livres, Paris
LLe dimanche 16 avril 2006. La fidélité rend libre.
La liberté est un absolu. Recherché comme tel, poursuivi comme un seul but
parfait à atteindre, tout absolu devient source d'illusion, de perversion et de
fanatisme. En effet, en faisant de la liberté la seule valeur importante de sa
vie, l'humain en arrivera à être désorienté, incapable de reconnaître la réalité
et obsédé par la peur de perdre une once de ce qu'il croit être son libre
arbitre.
La liberté humaine est en fait la liberté de décider comment nous allons vivre
en société. Nous n'avons pas le choix de naître et de mourir. Pour le reste, en
résumant en une phrase la vie humaine, nous avons le choix d'aimer ou de ne pas
aimer.
La liberté sans amour est un concept désincarné qui nous isole des autres et ne
nous mène nulle part. La liberté engagée nous rapproche des humains et nous
permet de créer l'amour et de répandre le bonheur.
C'est la fidélité de l'homme à sa mission qui le rend libre. Car c'est par sa
mission que l'homme découvre sa propre vérité, qu'il se rend présent à lui-même
et qu'il décide du sens de son existence, de ses décisions et de ses actions. Le
chef qui obéit à sa mission se rend libre et libérateur.
Diriger autrement.
Le samedi 15 avril 2006. Le leadership ne s'apprend pas à l'école.
Selon Henry Mintzberg, notre Peter Drucker canadien, même si les États-Unis et
le Canada forment plus de 100 000 détenteurs de MBA par année, ces MBA n'avaient
souvent pas de base, d'habiletés intrinsèques ni aucune expérience en gestion.
Ils deviennent des gestionnaires mais ils n'ont pas l'étoffe d'un leader. C'est
dès l'âge de 10 ans que se manifeste cette aptitude. "Après, tout ce qu'on peut
faire, c'est créer des conditions qui favorisent le leadership, comme placer des
gestionnaires dans des situations difficiles et changer ces situations pour leur
permettre d'apprendre, les amener à réfléchir sur leur expérience... Mais tout
ça, il faut le faire avec des gens qui sont déjà dans des positions de
management et bâtir notre enseignement à partir de leur expérience à eux, pas
sur des cas cités dans des livres." L'approche par compétence nous permettra
sans doute de faire émerger plus rapidement ces habiletés intrinsèques au
leadership en plaçant nos étudiants dans des situations où ils devront utiliser
ces habiletés.
Michel Laflamme. Bulletin de L'APPAC n° 5.
Le jeudi 23 mars 2006. De l'animalisme primaire.
Roger Simon, le directeur du secteur maritime de l'Est canadien au ministère des
Pêches et Océans, a vu défiler tous les adversaires de la chasse aux phoques
depuis des lunes.
Texte de Louis-Gilles Francoeur dans Le Devoir du 23 mars 2006.
Le mercredi 15 mars 2006. Jules César est assassiné le jour des ides de mars 44.
C'est essentiellement un homme d'action, mais doublé d'un homme de lettres et
dont l'oeuvre littéraire constitue le récit de ce qu'il a fait. Ses "
Commentaires " - Guerre des Gaules et Guerre civile - sont officiellement
destinés à renseigner les historiens de l'avenir mais représentent aussi une
apologie personnelle de son action d'homme de guerre et d'homme politique.
(...) Il a toujours été tenace et jamais découragé par ses échecs : son énergie
morale double son énergie physique. Comme tous les grands ambitieux, il a
toujours su garder intacte sa volonté au service de son unique passion : la
domination et la gloire.
(...) Cependant, à Rome, ses ennemis ne désarment pas et même ceux qui se sont
ralliés à lui comprennent vite qu'il entend demeurer le maître absolu et
inaugurer un régime politique nouveau (Suétone, César). Un complot est donc
tramé contre lui où entrent de nombreux sénateurs, dont Cassius et Brutus (neveu
de Caton), ardents ennemis de tout despotisme et de toute tyrannie. César est
assassiné en pleine séance du Sénat (Suétone, César), le jour des ides de mars
44 (15 mars).
Académie de Versailles.
Le mardi 14 mars 2006. On dort comme une bûche.
Deux semaines seulement après le lancement de la campagne de sensibilisation «
On dort comme une bûche ! » en compagnie de la comédienne Sophie Cadieux, les
groupes partenaires de l’initiative Aux arbres citoyens ! annoncent que la
pétition pour la protection de la forêt boréale a recueilli plus de 135 000
signatures. Et ce chiffre ne cesse de croître.
Communiqué du Réseau Québécois des Groupes Écologistes.
Le lundi 13 mars 2006. Le travail accompli.
Habituellement un travail accompli est constitué d'un document simple, fini,
dans lequel l'officier explique clairement son point de vue et sa décision,
document sur lequel le chef n'a plus qu'à apposer sa signature et à expédier. Si
le résultat recherché est conforme au plan de l'entreprise, il est la plupart du
temps évident que le chef va l'approuver. Si le chef a besoin d'autres
explications, il les demandera.
Quand le chef dit à l'officier de signer lui-même et d'expédier l'affaire
lui-même, le chef a accompli son travail de chef qui est essentiellement de
préparer la relève.
Lettre de Relance
Le dimanche 12 mars 2006. Petit code de philosophie militaire.
Mettre de la vie dans tout ce qu'on fait,
même au prix de la sienne.
Colonel Adelson Davoine
Le vendredi 10 mars 2006. Prière païenne
Cet amour que je porte en moi,
Cette force faible qui s'infiltre
Entre la matière, vers l'essentiel,
Me rend impuissant et vulnérable.
J'écoute la radio et j'ai peur de la guerre.
Un seul mort à l'écran me fait prendre le deuil.
Je me sens impuissant d'arrêter la misère,
Et je reste sans voix devant les cris d'orgueil.
Je n'ai pour tout bagage que deux yeux et deux mains,
Une plume, une oreille, l'autre est sourde parfois.
Je voudrais tant tout faire et rectifier le monde,
Apaiser les méchants et nourrir les enfants,
Effacer la souffrance d'un simple trait d'humour.
Je ne puis qu'être là, et faire au jour le jour
Quelques gestes banals, écrire un mot d'amour.
Je cherche à faire plus, je cherche à faire mieux.
J'ai honte de dormir quand tant de cris m'éveillent
Et j'enrage souvent que de n'être qu'un homme.
Mais je suis encore là, tous les jours, aujourd'hui,
Et c'est là ma prière…
Albert Davoine. Cahiers 03-190-19910108
Le jeudi 9 mars 2006. Salade au thon.
J'ai revu un ami
Au restaurant des prés
Deux heures, après-midi
Et nous avons dîné.
C'était de la salade
Au thon, sur le menu.
Écoutant ma salade
Il m'a donné le ton.
Albert Davoine. Cahiers 03-208-19910131
Le mercredi 8 mars 2006. La femme des quatre saisons.
Tu bordes mes hivers
avec la patience et le regard inquiet
d'une mère aux aguets pour son enfant fragile.
Tu fleuris mes printemps
du nectar capiteux de l'orchidée sauvage
et ma sève et ton sang ont fait germer des chênes.
L'été tu te fais belle
insolite et discrète égarée au soleil
inutile et présente encore avec amour
comme cette fleur bleue au cœur de la moisson.
Et quand viendra l'automne
les ors de tes cheveux dans le soleil couchant
rallumeront mes yeux
qui ne verront plus rien que ton sourire radieux
que ton sourire à Dieu.
Albert Davoine
Le mardi 7 mars 2006. L'humanité.
Deux hommes se rencontrent, avec chacun un pain.
Ils se battent. Un plus un devient zéro plus deux.
Deux hommes se rencontrent, avec chacun une idée
Ils se regardent, se sourient, et repartent chacun avec deux idées.
Cahiers de notes de recherche.
Le lundi 6 mars 2006. Reconnaître l'homme dans l'homme.
Ralentir, s’arrêter, regarder, écouter, sourire, aimer.
Sur les autoroutes, les voies rapides de nos vies,
Dans nos carrefours embouteillés
Des tas de voitures, des tas de ferrailles se croisent,
Se dépassent, se suivent, se bousculent.
Le feu rouge apparaît. L’accident se produit,
Branle-bas de pompiers, policiers, infirmiers.
À chaque heure du matin, du jour et de la nuit
La ville souffre et crie, le mal est coutumier.
C’est alors que parfois dans ce flux métallique
Quelqu’un ouvre les yeux, esquisse une mimique,
Apparaît un sourire, un regard de bonté
L’homme reconnaît l’homme quand il s’est arrêté.
La route se libère, recommence l’enfer
Des choses menant l’homme dans leurs cages de fer
Mais quelque part perdu au fond de ce mystère
Un homme se réjouit du regard de son frère.
Cahiers de notes de recherche.
Le dimanche 5 mars 2006. Pourquoi aimez-vous photographier ?
Sûrement parce que je suis un contemplatif et parce que je me sens profondément
moi-même quand je photographie, surtout pendant ces instants magiques où j'ai le
sentiment d'être à ma place.
Arnaud Frich, photographe. | Panorama de Paris la nuit.
Le samedi 4 mars 2006. Question linguistique.
Un lecteur de l'Office québécois de la langue française me demande comment on
appelle l'ensemble des marchandises et échantillons qu'un représentant
commercial apporte dans sa voiture quand il va rencontrer les clients. Ne dit-on
pas en anglais « mobil stock »? Comment le dirait-on en français en termes
techniques de commerce ? On écarte le terme « échantillon ». Je pense à la «
mallette du représentant ». Un ami Français, sans connaître de terme consacré,
suggère « mallette de démonstration » ou « ensemble de démonstration » si la
mallette est trop petite. On peut envisager aussi « matériel » au lieu de
mallette ou ensemble. Beaucoup diraient "kit", pour faire chic. Un autre
professeur d'université en France suggère « la marmotte ».
Auriez-vous d'autres termes d'usage dans un pays francophone ? Merci de votre
collaboration.
Albert Davoine
Le mercredi 1 mars 2006. Comment être patient dans un monde pressé ?
Dans un monde où tout nous presse, nous sommes de plus en plus rebelle à
l’attente, de plus en plus étranger au rythme de maturation des choses. On finit
par en oublier que rien ne s’accomplit dans l’instant, à commencer par une
naissance… La patience est indispensable au parent, à l’éducateur, elle est
essentielle dans tout apprentissage. Elle permet de mûrir les décisions, les
résolutions. Elle aide aussi à mieux vivre les efforts, les imprévus, les
déconvenues de l’existence et ses grandes souffrances, comme la maladie ou le
deuil. Elle laisse au temps sa chance, celle d’accomplir son oeuvre de
maturation naturelle. Il est toutefois des circonstances qui réclament autre
chose que d’attendre patiemment que le temps les fasse changer… Sans impatience,
sans révolte, sans lutte contre l’inacceptable, que serions-nous aujourd’hui ?
Doctissimo
Le mardi 28 février 2006. Profil de chercheur.
Dans le cadre de la série « profil de chercheur », la journaliste Stéphanie
Gendron de Radio-Canada s'est rendue à la faculté des sciences de la santé de
l'Université de l'Alberta. Elle a rencontré Francis Davoine, chercheur
post-doctoral en médecine expérimentale.
Écoutez (durée: 6 min 30 s )
Le lundi 27 février 2006. Papillons en liberté.
L'ABC des papillons vous invite à apprécier la beauté dans ses moindres détails
dans une ambiance tropicale où les fleurs nectarifères parfument l'air ambiant
et des centaines de papillons multicolores volent librement. Ici, deux papillons
se font la cour, là, une drôle de chenille se nourrit goulûment... et autour,
les yeux brillent d'émerveillement !
Le Jardin botanique de Montréal.
Le dimanche 26 février 2006. Symphonie portuaire.
Aux abords du Musée Pointe-à-Caillère et dans le Vieux-Port de Montréal. Les
dimanches 26 février et 5 mars à 13 h 30. Gratuit.
Devenues une véritable tradition hivernale à Pointe-à-Callière, les Symphonies
portuaires animent le Vieux-Montréal lors de ce concert en plein air unique en
ville.
Artiste bien connu dans le milieu de la musique actuelle et improvisée, Diane
Labrosse relèvera le défi de produire une œuvre originale avec les sirènes des
bateaux amarrés dans le Vieux-Port pour l'hiver.
Cette création musicale intégrera aussi des sifflets de train et les cloches de
la basilique Notre-Dame. C'est sous le thème de l'imaginaire et des fonds marins
que les instruments géants chanteront faisant ainsi un lien avec l'exposition
Jules Verne, le roman de la mer.
Le Musée Pointe-à-Caillère. | 20000 sons sous les mers de Diane Labrosse.
Le samedi 25 février 2006. Pour l'ami d'un de mes amis.
Aussi longtemps que nous garderons nos distances faussement sécurisantes
vis-à-vis de nous-même, nous nous jugerons de loin comme nous jugeons les
autres, sans les connaître. Éloignons-nous de la foule qui nous regarde et dont
nous faisons partie. Rapprochons nous lentement, dans le silence et dans la
solitude, de cet être qui nous habite et que nous connaissons à peine. Enfin
seuls avec nous-même, nous découvrons que nous ne sommes jamais seul, puisque
nous restons en présence de notre conscience, de notre substance. Il y a là un
humain, une vie, une âme, qui attend d'être découvert, compris, aimé, parce que,
dans le fond, il recherche la vérité, la bonté et la beauté, des richesses
inestimables qu'il aspire à partager avec les autres. C'est ce qui nous rend
inestimables; c'est aussi ce qui nous défend de juger et qui nous commande
d'agir.
Lettre de Relance.
Le vendredi 24 février 2006. La Forge, un hymne au travail manuel.
Dans nos villages, il n’y a pas si longtemps, l’atelier du forgeron était un
lieu de rencontre. On s’y rendait pour faire réparer ses outils et aussi pour
«placoter» à la chaleur de l’âtre et aux bruits du marteau sur l’enclume.
C’était un lieu de travail mais aussi un endroit de bonne humeur. Tout en
observant le forgeron à l’œuvre, l’endroit favorisait les échanges. C’était pour
un grand nombre un passe-temps nécessaire et une invitation à la solidarité.
La Forge Thérèse-de-Blainville
Le lundi 21 février 2006. Ballade de bon conseil.
Hommes faillis, privés de raison,
Dénaturés et frappés d'inconscience,
Qui avez perdu le sens, êtes remplis de déraison,
Fous abusés, pleins d'idées fausses,
Qui agissez contre votre naissance,
Vous soumettant à la détestable mort
Par lâcheté. Hélas ! pourquoi l'horrible
Conduite qui vous mène à la honte ne vous inspire-t-elle pas de remords ?
Vous voyez comment maints jeunes hommes sont morts
Pour avoir attaqué autrui et pris son bien.
Que chacun en soi voie sa faute ;
Ne nous vengeons pas, supportons en patience ;
Nous savons que ce monde est une prison
Pour les vertueux affranchis d'impatience ;
Aussi battre, rosser n'est pas preuve de sagesse
Ni ravir, voler, piller, tuer injustement.
Il ne se soucie pas de Dieu et se détourne de la vérité
Celui qui se livre en sa jeunesse à de telles actions,
Et, à la fin, il se tord les mains de douleur
Pour avoir attaqué autrui et pris son bien.
François Villon (1431-1463), Ballade de bon conseil.
Pistes de lecture du professeur Hubert Laroche du Lycée de Saverne (France).
Le lundi 20 février 2006. L'idéal de tolérance comme antidote aux intégrismes.
Globalement, un ensemble de circonstances individuelles et sociales font qu'il
devient de plus en plus difficile de développer un rapport constructif avec un
idéal. En même temps, il prévaut de fortes tendances à l'idéalisation, laquelle
consiste à attribuer d'emblée un caractère de perfection à une idée, à une cause
ou à soi-même. (...) Cependant, l'idéalisation n'est pas sans conséquences. Elle
compromet en fait la possibilité de se mesurer à un idéal. En effet, lorsque
l'on croit que sa cause ou soi-même représente un idéal, on n'a plus à chercher
plus loin, on n’a plus à être autocritique : on est parvenu là où il est
universellement souhaitable d'être. Les autres n'ont qu'à se rendre à l'évidence
et faire de même sous peine d'exclusion. Par son absolutisme, l'idéalisation
entraîne le durcissement des prises de position et instaure un dialogue de
sourds entre ceux dont les points de vue divergent. Les échanges deviennent des
confrontations stériles et peuvent dégénérer en de désastreuses escalades de
rapports de force entre des protagonistes pourtant animés des plus nobles
principes.
Patrick Lynes, Ph.D. Psychologue, dans Tolerance.ca
Le dimanche 19 février 2006. À la recherche du Dieu d'Einstein.
J'entends par Substance ce qui est en soi et est conçu par soi, et dont l'idée
n'a pas besoin, pour être formée, de l'idée d'une autre chose quelconque.
(...) Dieu ou la Substance existe nécessairement. En effet, il ne peut pas être
produit par autre chose que par lui, sans quoi son idée dépendrait de l'idée de
cette autre chose. Dieu est cause de soi. La cause de son existence ne peut donc
être supposée en dehors de sa nature, c'est-à-dire en dehors de son essence ;
c'est ce qu'on exprime en disant que s'il existe, son essence enferme
l'existence, ou, si l'on veut, qu'il existe par définition. De plus nous devons
dire qu'il existe par définition ; car nous devons partir de l'idée vraie
donnée, et l'idée vraie doit être conforme à un objet réel. C'est pourquoi nous
avons dit d'abord : « la substance c'est ce qui est en soi. »
Alain (Émile Chartier) : Spinoza (1946). La bibliothèque numérique Les
Classiques des sciences sociales est développée en coopération avec l'Université
du Québec à Chicoutimi et avec le soutien du Cégep de Chicoutimi. Elle est
surtout entièrement réalisée par des bénévoles et fondée et dirigée par
Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie du Cégep de Chicoutimi.
À la recherche du Dieu d'Einstein est une émission du dimanche de Jacques
Languirand à la Première Chaîne de Radio-Canada qui partage avec l'auditeur
découvertes et réflexions à partir des croyances panthéistes d'Einstein.
Le samedi 18 février 2006. Lettre à un artiste trop satirique.
Cher Monsieur,
Si je me permets de vous écrire aujourd'hui, ce n'est nullement pour contester
le droit à la libre expression, encore moins chez un artiste de votre envergure.
C'est surtout pour attirer votre attention, modestement, sur le sens d'à propos
qui doit guider une démarche telle que la vôtre.
Que vous ayez eu raison, ou non, de caricaturer ainsi ce courant de pensée, je
ne me permettrai pas d'en débattre.
Mais réfléchissez un peu : faut-il, au nom de votre liberté artistique, risquer
de compromettre nos bonnes relations avec ces gens ?
Ne sous-estimez pas le pouvoir d'une oeuvre : il en a parfois fallu moins que
cela pour mettre le feu aux poudres. Vous pourriez vous retrouver sous peu
responsable d'une nouvelle guerre. Est-ce ce que vous voulez ?
Pensez-vous que cela va arranger quoi que ce soit dans les pays incriminés ?
Vous prétendez ne vous en prendre qu'à quelques individus méprisables, et non à
l'âme et au cœur des peuples qui les écoutent.
Tout le monde fera-t-il bien cette distinction ? Ne pourra-t-on vous accuser de
mépriser et d'injurier, gratuitement, des populations qui ne vous ont rien fait
?
Vous exercez votre art, fort bien ! Mais gardez-le dans les limites du
raisonnable. Je ne vous suggère pas de détruire, ni même de censurer votre
oeuvre litigieuse : simplement d'en reporter la diffusion à des temps plus
appropriés.
Ainsi, Monsieur Chaplin, vous pourriez attendre cinq ou dix ans avant de
projeter dans les salles votre "Dictateur" : croyez-moi, d'ici là, les choses
auront eu le temps de s'apaiser et la situation sera, à n'en pas douter, plus
favorable qu'en cette année 1939.
Bien à vous,
Un ami des arts et de la paix.
Notez que le film Le Dictateur de Charlie Chaplin n'est sorti aux États-Unis
qu'en 1940.
Le vendredi 17 février 2006. Résolution de conflits et conciliation.
Le terme «conflit» a de nombreuses connotations négatives, évoquant des images
de violence, d'agression, de haine, de turbulence et même de guerre. Les parents
et les intervenantes apprécient les milieux paisibles et veulent que les enfants
mènent leur vie sans conflit. Pourtant, une certaine dose de conflits peut
contribuer au développement social, aux aptitudes de résolution de problèmes et
à la sécurité émotive des enfants. Ces derniers apprennent à devenir des
«artisans de la paix» lorsqu'ils arrivent à régler efficacement les conflits
inévitables qui surgissent dans leur famille, à la garderie, à l'école ou dans
le quartier. Si leur vie était complètement dépourvue de conflits, les enfants
ne pourraient pas acquérir ces compétences. Les parents et les intervenantes
peuvent donc suivre les conseils ci-dessous pour aider les enfants à apprendre
les aptitudes de résolution des conflits dont ils auront besoin pour créer un
monde plus paisible.
La suite de l'article est publiée dans www.petitmonde.com.
Nota Bene : On pourrait opportunément remplacer "enfants" par "travailleurs ou
citoyens" et "garderie" par "entreprise ou planète"...
Le jeudi 16 février 2006. Acheter danois.
«Il s'est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions,
qui s'étend même à celles de la presse; et que, pourvu que je ne parle en mes
écrits, ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni
des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l'opéra, ni des autres
spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer
librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs.»
Extrait du Mariage de Figaro, pièce de Beaumarchais écrite en 1778, l'année de
la mort de Voltaire, qui n'a pu être jouée que six ans plus tard à cause de la
censure.
Aujourd'hui, les censeurs officiels sont remplacés par le boycottage, les
drapeaux brûlés et l'incitation au meurtre. N'ayant ni le génie de Beaumarchais
ni la sapience des experts, je vais tout simplement courir les magasins à la
recherche de produits danois pour en garnir mon réfrigérateur, mes étagères et
ma modeste garde-robe. Je dois bien ça aux Danois, nos amis et nos alliés. Je le
leur devrais tout autant s'ils avaient défendu le droit de se moquer de mes
principes et de mes croyances.
Lettre ouverte de Tibor Egervari au journal Le Devoir, édition du jeudi 16
février 2006.
Le mercredi 15 février 2006. Caricature ?
Il fut un temps où je me détournais de ceux qui n'avaient pas ma foi.
Maintenant mon coeur est devenu capable d'entrer dans toutes les formes :
pâturage pour les gazelles et couvent pour le chrétien, temple pour les idoles
et pèlerins de la Ka'ba,
Tables de la Thora et livre du Coran.
Ma religion est celle de l'Amour.
Quel que soit le chemin que prenne la caravane de l'Amour, ce chemin est celui
de ma foi.
Ibn'Arabi (1165-1240), un grand maître soufi, cité dans www.fraternet.com .
De la part de Jean-Pierre Beddouk (France).
Le mardi 14 février 2006. Aimer encore.
Aimer c'est vouloir vivre encore jusqu'à demain
et défier la mort, en pétrissant des mains
le masque d'un visage ébauchant un sourire,
trouver dans le silence un seul mot pour le dire.
Poèmes de gestion.
Le lundi 13 février 2006. Conscience et transcendance.
En d'autres termes, il n'y a pas de conscience sans report à une transcendance.
Cela dit, et qui est somme toute élémentaire, je ne m'avance pas subrepticement
sur la voie de l'apologétique. La transcendance se présente d'emblée comme
l'autre face de nous-mêmes, ce vis-à-vis hypothétique qui nous contraint à
dégager nos questions hors de la monotonie de nos travaux et de nos paroles. La
transcendance est d'abord sans nom puisqu'elle provoque l'angoisse qui est à la
source du sentiment d'exister. Elle oppose à la nature son remaniement par le
langage, l'art, le savoir qui, avant d'être affirmations d'un sens, étendent sur
le monde l'ombre irrécusable de l'inquiétude.
Fernand Dumont, Une foi partagée, coll. L'essentiel, Montréal, Bellarmin, 1996,
p.18-20, cité par Denis Gagnon, Revue Spirituelle, n°736.
Le samedi 11 février 2006. Le costume romain.
Tributaires de Grecs, les Romains n'innovèrent rien ou peu dans l'art
vestimentaire. La toge elle-même, bien que de mode étrusque, est d'origine
grecque. La différence essentielle entre l'hunation grec et la toge romaine
consiste dans la forme donnée à la pièce de drap qui la constitue; celle-ci est
taillée en demi-cercle, tandis que l'hunation est taillée carrément.
Claire Finet.
Le vendredi 10 février 2006. L'Alberta entame son 2e siècle et souhaite devenir
la province des grandes idées.
La puissante Alberta est en recherche active de cerveaux. L'argent est là. La
porte est ouverte.
Afin de s'assurer une prospérité plus diversifiée, l'Alberta veut devenir l'un
des plus grands centres de santé et de recherche médicale en Amérique du Nord.
Pour y arriver, elle prend les grands moyens afin d'attirer les meilleurs
spécialistes qui soient. Les autres provinces peuvent se le tenir pour
dit.../...
Suivez l'aventure de la famille Chapados-Davoine qui est originaire de
Blainville dans la banlieue nord de Montréal. Jamais ils n'auraient cru recevoir
l'appel de l'Alberta.
Regardez le dossier de Cathy Senay au téléjournal/Alberta.
Le jeudi 9 février 2006. L'humilité rend libre.
Pour se libérer de ses peurs et de ses illusions, il faut d'abord accepter
d'oublier le passé, de se pardonner ses propres erreurs et aussi les fautes des
autres.
Cela demande un effort de renoncement à la mesquinerie, à la jalousie, à
l'orgueil.
Ensuite il faut accepter, avec la même humilité, de reconnaître ses propres
forces d'être humain :
sa capacité d'observer, d'écouter, de parler et d'agir, de s'adapter aux
circonstances, à l'environnement, aux autres, qui seront toujours changeants de
jour en jour.
Enfin, être libre exige qu'on donne un sens essentiel à sa vie d'être humain.
Un sens, une mission, une foi, une vision du monde, qui éclaire, qui motive et
qui rende cohérentes chacune de nos petites décisions quotidiennes.
Diriger autrement.
Le mercredi 8 février 2006. Déclaration universelle des droits de l'homme.
Article 19 : Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce
qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de
chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les
informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Adoptée par l´Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 217 A
(III) du 10 décembre 1948.
Le mardi 7 février 2006. Caricatures et politique de l'apaisement - Un dérapage
de la démocratie.
Nos sociétés démocratiques occidentales se sont développées grâce au pluralisme,
à la tolérance et à l'esprit d'ouverture. La politique d'«apaisement» en réponse
à la manipulation d'extrémistes islamiques et de certains gouvernements de pays
musulmans radicaux équivaut, dans les faits, à cautionner le délit d'opinion et
à s'abstenir de défendre les droits de l'homme et nos valeurs démocratiques.
On n'apaisera pas l'extrémisme en s'excusant de pratiquer la liberté
d'expression, la primauté du droit et l'esprit de tolérance. On l'encourage !
Les mouvements islamistes radicaux comme les dictateurs de certains pays arabes
considéreront ces excuses comme une victoire. Ils y verront la naissance d'un
rapport de force leur permettant d'affronter l'Europe et l'Amérique sur
plusieurs fronts.
Gérard Latulippe dans Le Devoir du mardi 7 février 2006.
Le lundi 6 février 2006. Offres d'emploi.
On recherche :
- un électricien pour rétablir le courant entre ceux qui ne se parlent plus,
- une infirmière pour soigner les bleus à l’âme,
- un opticien pour changer les regards,
- un démineur pour désamorcer les disputes,
- un fossoyeur pour enterrer la hache de guerre,
- un maçon pour bâtir la paix,
- un agronome pour promouvoir la culture de la non-violence,
- un aiguilleur pour retrouver le bon sens,
- un musicien pour adoucir les mœurs,
- un cuisinier pour partager la nourriture à toute l’humanité,
- un instituteur pour apprendre à compter les uns sur les autres,
- un informaticien pour archiver et sauvegarder la création,
- une femme de ménage pour dépoussiérer les vieilles théories,
- un journaliste pour répandre la bonne nouvelle,
- un horticulteur pour semer les fleurs d’espérance.
De la part de Marie-Claire, pas marie claire.
Le samedi 4 février 2006. Si la pluie te mouille...
Si la pluie te mouille, mon amour nouveau,
si la pluie te mouille, n'aie pas peur de l'eau:
tu te fais grenouille, mon amour tout beau,
et la pluie vadrouille te long de ton dos.
Si le vent t'évente, mon amour léger,
si le vent t'évente, ce n'est pas un danger:
en feuille volante tu peux te changer,
en feuille mouvante sans te déranger.
Paroles | Anne Sylvestre.
Le vendredi 3 février 2006. C'est la vie ! Thérapie de choeur. Une note
d'humanité.
Chef de coeur : Lorsque notre «cheuf» nous enjoint de lui donner tout ce que
nous avons dans le ventre, tous les moyens sont bons et il aime nous surprendre
: «Est-ce que c'est le plus beau son que vous pouvez émettre ? Je veux un son
que vous allez léguer à vos enfants !» Inévitablement, Patrick Brodeur obtient
ce qu'il veut, au diapason et en constante séduction avec ses choristes.
Josée Blanchette dans Le Devoir du vendredi 3 janvier 2006.
Le mercredi 1 février 2006. J'ai le trac pour vendre.
J'ai le trac, comme l'artiste avant le lever du rideau, même après plus de vingt
années de métier. Il me faut aller demain expliquer à des jeunes gens ce qu'est
la vente, et leur donner le goût du métier.
Et j'ai le trac. Parce que je dois vendre. Et c'est la même chose à chaque
vente, c'est toujours comme si c'était la première fois. Je ne sais rien d'eux.
Je ne connais pas les clients. Quelle va être leur réaction ? Vais-je être
accepté ou rejeté ?
Et pourtant je me raisonne : le produit a fait ses preuves, la réputation est
solide et l'entreprise a une histoire de succès. La tête sait exactement où elle
s'en va, mais les muscles du ventre et des jambes sont sous tension. Et pourquoi
?
Parce qu'entre la tête et les muscles, il y a le cœur. Et c'est le cœur qu'on
met à nu quand on vend, quand on est sur scène, face à face avec l'autre.
Lettre de Relance.
Le mardi 31 janvier 2006. Le nouveaux riches de l'Absolu.
Toute croyance rend insolent ; nouvellement acquise, elle avive les mauvais
instincts ; ceux qui ne la partagent pas font figure de vaincus et d'incapables,
ne méritant que pitié et mépris. Observez les néophytes en politique et surtout
en religion, tous ceux qui ont réussi à intéresser Dieu à leurs combines, les
convertis, les nouveaux riches de l'Absolu. Confrontez leur impertinence avec la
modestie et les bonnes manières de ceux qui sont en train de perdre leur foi et
leurs convictions...
Athéisme > Citations > Absolu : Émile Michel Cioran / 1911-1995 / Syllogismes de
l'amertume.
Le lundi 30 janvier 2006. Le maître.
L'élève ne veut pas du maître dévoué
qui veut, dans son disciple, l'avenir de lui-même.
Le professeur bouscule, c'est là son premier rôle,
les idées toutes faites, les pratiques concrètes.
Il remet en question, chez l'homme et chez l'enfant,
les vérités d'hier, les rêves de demain.
Il ramène aujourd'hui, face-à-face, maintenant,
les pourquoi, les comment ?
Peut-être, pourquoi pas ?
Et à ce moment-là, l'homme construit l'idée
repense, réévalue, et prend sa décision.
Il apprend que la vie se crée à chaque instant.
Le père professeur voudrait voir ses fils naître,
mais ils sont emmurés dans la coquille de l'œuf.
L'élève y est au chaud, protégé de la vie.
Il ne peut pas sortir, pas encore, plus tard...
Briser la coquille d'œuf, c'est blesser l'embryon.
La décision de vivre doit surgir du dedans.
Le professeur attend, et souffre patiemment
d'aimer et d'espérer.
Poèmes de gestion.
Le dimanche 29 janvier 2006. Le bonheur comme pilule.
Tout ce qui fait qu'une personne est sereine, heureuse et bien dans sa peau a un
effet extrêmement important sur sa santé. Et j'irais même jusqu'à dire que le
meilleur médicament, c'est le bonheur. Si vous êtes heureux, vous allez guérir
plein de choses.
Dr Patrick Vinay, cité par Pauline Gravel dans Le Devoir.
Le samedi 28 janvier 2003. La Forge… un hymne au travail manuel !
Dans nos villages, il n’y a pas si longtemps, l’atelier du forgeron était un
lieu de rencontre. On s’y rendait pour faire réparer ses outils et aussi pour
«placoter» à la chaleur de l’âtre et aux bruits du marteau sur l’enclume.
C’était un lieu de travail mais aussi un endroit de bonne humeur. Tout en
observant le forgeron à l’œuvre, l’endroit favorisait les échanges. C’était pour
un grand nombre un passe-temps nécessaire et une invitation à la solidarité.
La Forge Thérèse-de-Blainville.
Le vendredi 27 janvier 2006. Le levier humaniste reste à mettre au point ou à
inventer.
La partie de mon cours que je vous ai relaté est une introduction à un cours
d'Achat et un autre de Gestion de Production que j'assure dans des filières
techniques à l'Université de Metz. Elle est destinée à expliquer comment les
entreprises sont devenues, à ce point, en compétition et à la recherche de
profits.
En fait, si les entreprises étaient décathloniennes, elles "achètent" maintenant
les services des champions du monde de chaque discipline en achetant des
produits élaborés qu'elles incorporent à leur propres produits, les rendant
ainsi plus performants, moins chers, plus fiables, plus rentables : les
constructeurs automobiles fabriquent environ 25% de leurs voitures et en
achètent 75% auprès de leur équipementiers qui sont fabricants de pompes à eau,
de freins, d'alternateurs et qui vendent à tous les constructeurs le même type
de produits. Ils produisent des séries plus importantes de produits semblables
donc à des coûts unitaires plus faibles, mais aussi proposent des produits mieux
conçus parce qu'ils sont leur coeur de métier.
J'aimerais que ces entreprises et les autres puissent avoir ce rôle citoyen et
humaniste que vous décrivez sans vraiment croire que cela puisse arriver dans un
avenir proche. En effet, le contexte dans lequel elles évoluent est économique
avant tout. Il y a effectivement des pressions de l'opinion publique qui les
obligent à modifier leurs pratiques soit directement (certaines parce qu'elles
faisaient travailler des enfants ou des esclaves, d'autres exemples existent)
soit à travers des lois qui sont finalement adoptées par des états (interdiction
de l'utilisation des CFC et de l'amiante). Dans chacun de ces cas, la sanction
pour les entreprises a été économique et très contraignante.
D'une autre manière, aujourd'hui et en Europe au moins, l'environnement fait
vendre. On voit donc fleurir des chartes de respect de l'environnement dans la
communication publicitaire des entreprises. C'est une vitrine, c'est de la
"communication". J'ai des doutes quant à la réalité de l'action et à son
efficacité. Mais considérons que c'est un premier pas et que les autres
viendront.
Chaque fois que le levier économique n'a pas été utilisé, l'effet est quasi nul
comme c'est le cas pour les gaz à effet de serre où rien ne bouge de manière
significative. Je ne sais pas dire si ces gaz ont les effets qu'on leur prête.
Simplement je veux illustrer le fait que le seul levier pour les faire bouger
semble être ce levier économique parce que les entreprises sont dans cette
sphère et que leur survie tient à leur équilibre financier.
Comme vous, j'aimerais voir changer ces comportements mais les pressions
économiques s'accentuent avec l'ouverture de l'Asie qui produit vraiment moins
cher que nous et des pays de l'ex bloc de l'Est qui sont nos voisins en Europe
et nos concurrents avant de devenir, demain, de nouveaux débouchés.
Les entreprises devraient créer et distribuer de la richesse, mais si on leur
applique les théories de Maslow, elles sont préoccupées aujourd'hui par leur
survie et ces considérations humanistes n'ont que peu de chances de les toucher.
Je pense qu'elles ont un réel problème "d'être".
Peut-on considérer que l'immobilisme sur les gaz à effet de serre c'est un moyen
de ne pas les pénaliser un peu plus, de leur laisser le temps de s'adapter à ce
qui sont déjà des contraintes fortes ? Il est évident également que toutes ne
sont pas dans cette situation quasi apocalyptique que je parais décrire :
Microsoft, General Electric et nombre d'autres semblent hors de danger...
D'ailleurs il est incontestable que nous vivons en pleine société de
consommation donc alimentée par l'industrie de production de masse. Celles là
pourraient avoir un autre comportement mais les principes humanistes n'ont pas
été un aiguillon suffisant.
Les grandes entreprises Européennes n'ont pas abandonné la R&D et l'adaptation
aux marchés au point où vous l'expliquez pour votre côté de l'Atlantique.
Cependant, si les PME sont de plus en plus innovantes souvent dans des niches ou
dans des technos de pointe, il y a nombre de secteurs d'activité dont elles
disparaissent pour laisser la place à des groupes de plus en plus grands qui ont
la surface financière pour gérer à la fois le développement réclamé par les
clients et des fabrications de plus en plus élaborées et consommatrices de
capital.
L'actionnariat des grandes entreprises côté Europe est différent, si j'en juge à
ce que les medias en disent. Les fonds de pension commencent à arriver seulement
et la donne pourrait changer en devenant plus "court-termiste" ici aussi.
Le levier humaniste reste à mettre au point ou à inventer. Chapeau tout de même
à toutes ces entreprises qui savent s'adapter, imaginer de nouveaux moyens de
poursuivre leur développement même s'il n'est, pour le moment, qu'économique.
Comment capter cette énergie considérable un peu plus dans le sens du bonheur de
notre communauté ?
Thierry Pace, chargé de cours à l'Université Paul Verlaine à Metz, France.
Les pieds sur terre et la tête dans les nuages.
Bonsoir monsieur Pace et quel plaisir de vous lire encore ! Vous décrivez de
façon si élégante et lucide votre vision du monde économique actuel que je n’ai
pu résister encore à la tentation de la livrer intégralement à nos étudiants et
à nos lecteurs. Je viens de passer l’après-midi dans mon bureau avec le
président d’une société de conseillers financiers et nous avons échangé en bonne
partie sur les mêmes sujets. Selon l’avis de cet expert en gestion de
patrimoine, de plus en plus de chefs d’entreprise, fortune faite, dans la
cinquantaine, se préoccupent du sens de leur vie, de l’accomplissement de leur
mission, de leur relève et de l’avenir de leur société et de la Société. Le
message des environnementalistes commence à être entendu du moins chez ceux qui
ont des petits-enfants. Ce message, une fois passé l'effet de mode, sera-t-il
compris et appliqué? L’histoire nous le dira. Il est bien entendu qu’avant de
toucher le cœur du prince charmant, la flèche de cupidon doit percer sa
cuirasse; celle de nos chevaliers d’entreprise est constituée d’un épais
portefeuille dans la poche intérieure du veston.
Vous me demandez comment capter cette énergie innovatrice et entreprenante
considérable un peu plus dans le sens du bonheur de notre communauté ?
Je vous répondrai ce que j’ai déjà répondu à mes élèves : « ce n’est pas à vous
que j’enseigne, c’est à vos enfants ! »
Un professeur est avant tout un générateur de sens, m’a dit un vieil ami
pédagogue au début de ma carrière. Le chef, celui qui maintient le cap, doit, de
par la définition du mot diriger, donner du sens, d'abord à sa vie, avant de
créer le consensus de l’entreprise. Cher confrère professeur, continuons à
enseigner encore et encore. Soyons réalistes mais aussi visionnaires, gardons
les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Je conviens avec vous que cela
exige un peu d’effort, de souplesse et d’entraînement. Acceptons enfin avec
humilité que notre labourage ne produise de récolte qu’au temps de nos
petits-enfants. Et s’ils ne moissonnent rien de ce que nous aurons semé, ils
auront toujours bien hérité d’un rêve.
Je vous fais mes salutations amicales.
Albert Davoine
Le jeudi 26 janvier 2006. Merci et au revoir !
Je voudrais remercier le Syndicat des professeurs et tous mes collègues pour les
mots aimables et le cadeau que vous m’avez offerts hier à l’occasion de mon
départ à la retraite.
J’ai eu du plaisir à enseigner au Collège Lionel-Groulx et j’ai essayé de
communiquer ce plaisir de la recherche et de la découverte, du travail accompli
et de la complicité entre humains à mes élèves et à tous ceux et celles qui
m’ont accompagné durant ces trente-cinq belles années.
Je reste près de vous. J’habite sur le Plateau Saint-Louis qui surplombe le
Collège et je vous suis dans mes pensées. Je continue bien sûr d’être disponible
pour aider et conseiller les plus jeunes d’entre nous dans la mesure de mes
compétences.
Je reviendrai assidûment partager les retrouvailles de début et de fin d’années
auxquelles vous avez la gentillesse d’inviter les retraités.
Au plaisir de vous revoir !
Albert Davoine
Le mercredi 25 janvier 2006. Une vision du marketing et de la gestion.
Mon histoire commence à peu près à la même date que la votre, vers 1945, lorsque
la guerre se termine et que ce qui reste du monde occidental est tourné vers la
fabrication d'armes de guerre. GI Joe est rentré chez lui avec Barbie et ils ont
un tas d'envie et de besoins qui ne sont plus liés à la guerre mais à la
construction d'une vie heureuse, confortable, pleine d'espoir et d'enfants qui
concrétise cette soif de vivre après des années terribles.
A ce moment, en Europe du moins, les moyens de production des "biens de paix et
de bonheur" sont quasi inexistants. La demande de tous les couples Joe et Barbie
est à son maximum alors que les moyens d'assouvir leurs envies, l'offre, est
minimum.
Tous ceux qui fabriquent et proposent ce type de biens vendent sans se soucier
ni de la définition de leur produit, ni de son coût de production, ni de sa
qualité. Les clients font la queue dans la cours de l'usine pour acheter. C'est
l'époque bénie, pour les fabricants, que j'appelle "l'économie de production",
dominée par le producteur, celui qui possède la chose rare : l'offre. Beaucoup
ouvrent boutique et profitent de la manne à juste raison.
Pendant ce temps, Joe et Barbie se logent, achètent voitures, télés, frigos et
tous les éléments de confort moderne : ils s'équipent. Une fois que cela est
fait, ils renouvellent leur équipement. Mais la demande est moindre alors que
l'offre s'est reconstituée.
Vers le milieu des années 70, c'est l'offre qui devient plus importante que la
demande : non seulement les clients ne font plus la queue dans la cour de
l'usine mais en plus ils choisissent et sélectionnent le meilleur produit.
C'est l'avènement de deux types de fonctions dans l'entreprise : le marketing
qui va chercher à augmenter les ventes et celui de la gestion qui cherche elle à
diminuer les charges. L'objectif, pour l'entreprise, est de retrouver des
marges, de conserver ses clients que ses concurrents lui disputent, de prendre
un avantage sur eux pour grignoter leur part de marché ...
Je parle bien d'avènement et pas de naissance. C'est à dire, dans mon esprit, du
développement des méthodes, des moyens, de la prise d'importance sur le
résultat.
Ce changement structurel du marché a des effets sur toute l'industrie et sa
manière d'aborder ses marchés :
- On va chercher le client dans son salon, devant sa télé pour le convaincre,
- Les marchés se sont segmentés depuis
- On fait appel à des spécialistes pour fabriquer chaque élément de son produit
fini,
- On travaille à maîtriser ses coûts.
L'entreprise était une "décathlonienne" en économie de production : elle faisait
de tout avec une performance honorable mais dépassée. Maintenant, en économie de
marché, elle fait appel à chaque champion du monde de chaque discipline pour
augmenter ses performances ... Mais aussi se débarrasser de frais fixes
importants qui nuisaient à sa performance en la rendant sensible au volume vendu
et non réactive aux évolutions du marché devenu mouvant et imprévisible.
Thierry Pace, chargé de cours à l'Université Paul Verlaine à Metz, France.
Décathlon ou vedettariat ?
Je me sens très honoré que vous ayez repris mon histoire de Barbie pour
illustrer votre cours de marketing. Vous enchaînez de façon intéressante sur les
changements dans la gestion de l’entreprise en réaction à l’évolution des
marchés. Votre vision me semble juste. Le sportif en vous fait passer
l’entreprise du décathlon au vedettariat. J’observe en effet comme vous que la
pression conjointe des marchés et des spéculateurs amène trop souvent les
décideurs à réagir à court terme et à centrer leurs objectifs sur les volumes et
les profits. Nombre d’entreprises ont délaissé la recherche, le développement et
l’adaptation aux marchés pour couper leurs coûts d’opération. Le champ reste
libre pour la petite et moyenne entreprise qui a le potentiel d’adapter plus
rapidement le design de son produit et sa fabrication et son service à la
clientèle. La PME est devenue actuellement (en tout cas chez nous au Canada) le
principal créateur d’emplois et de richesses.
La gestion de l’entreprise, exercée par des experts compartimentés, reste une
gestion centrée sur l’avoir. Mais comme le disait Henri Miller : « Si la paix
doit se faire, elle se fera par l’être et non pas par l’avoir. » Pour être,
exister à long terme, et participer à la paix sur notre planète, l’entreprise
doit trouver son sens dans la joie apaisante de la solidarité humaine, dans le
goût du travail consciemment bien fait, dans l’émerveillement passionnant de la
découverte. Le véritable esprit (sportif) d’équipe des dirigeants de
l’entreprise est le moteur de cette épreuve d’endurance, de ce championnat sur
la route sinueuse du bonheur de notre communauté humaine. Il est malsain que le
profit individuel se fasse au détriment du profit collectif.
Albert Davoine
Le mardi 24 janvier 2006. Un gros merci.
J'aimerais vous féliciter pour votre site riche en information et en
motivation concernant la gestion d'entreprise. Étant présentement aux études
en multimédia, je songe sérieusement à démarrer ma propre entreprise et en
cherchant sur "Google", je suis tombé sur votre site. J'aime votre façon de
voir les choses et je risque de fréquenter votre site souvent. Merci.
Maxim Cabana
Le lundi 23 janvier 2006. Est-il juste de dire qu'on a le gouvernement qu'on
mérite?
C'est un lieu commun, dans notre société, de dire qu'on a le gouvernement qu'on
mérite. L'affirmation paraît même tellement banale que personne ne cherche à
s'interroger sur sa véritable signification. Pourtant, les choses ne sont pas si
simples.
(...) Nous voulons simplement dire par là que ce n'est probablement que là où il
y a transparence dans les processus de décision et liberté dans les actes que
l'on peut être jugé comme responsable de sa situation. Les démocraties modernes,
malgré leurs imperfections, créent les conditions qui permettent de dire
qu'elles méritent leurs institutions et leurs dirigeants politiques. Mais
au-delà de ces démocraties, la notion de responsabilité des peuples reste encore
à penser.
Nicolas Bélanger, Premier prix du Concours Philosopher 1996-1997.
Le dimanche 22 janvier 2006. Les droits fondamentaux et la démocratie.
Les droits fondamentaux et la démocratie ont-ils une valeur universelle, malgré
les différences sociales et culturelles?
Dans nos sociétés occidentales, il est devenu presque inimaginable de remettre
en question la valeur des droits fondamentaux et de la démocratie : nous sommes
profondément troublés chaque fois que les médias nous présentent des images
choquantes en provenance d'autres pays dont les régimes politiques commettent
des actes qui blessent notre conception de la justice, à nous qui pensons avoir
trouvé, dans la démocratie, la forme de gouvernement la plus achevée. Nos chefs
politiques et spirituels nous rappellent régulièrement leur attachement aux
droits de l'Homme et, dans la même foulée, se permettent de fustiger les
dirigeants des pays qui se montrent intransigeants face à ces mêmes droits. De
nombreux organismes comme Amnistie internationale oeuvrent également en ce sens.
Ainsi, les notions de démocratie et de droits fondamentaux sont devenues
naturelles dans nos sociétés, voire même banales.
Pourtant, la question n'est pas si simple et nous serions devenus intolérants si
nous ne tenions compte des différences entre les peuples. Les coutumes comme les
règles de conduite en usage, nous le savons, varient d'une culture à une autre,
d'une époque à une autre; or, il est bien évident qu'il y a tout de même
consensus sur un bon nombre de ces règles de conduite à tel point que de
nombreuses chartes de droits, comme celle de la Déclaration des droits de
l'Homme, ont été signées par la plupart des pays. Paradoxalement, certains de
ces pays signataires n'essaient pas d'actualiser ces grands principes.
(...) En somme, il se dégage de tout cela la conviction profonde que, dans nos
sociétés parvenues à l'âge de l'universalité , la démocratie et les droits
fondamentaux transcendent les différences sociales et culturelles.
Aussi, affirmer une universalité [13] de la démocratie et des droits
fondamentaux et ce, malgré les différences sociales et culturelles, c'est croire
en une conception plus universelle de l'être humain, seule capable de coordonner
l'avenir commun de toutes les races humaines.
Nathalie Damiot, Premier prix du Concours Philosopher 1997-1998.
Le samedi 21 janvier 2006. Créer le rêve de l’entreprise.
Je rêve d'un monde d'entreprises,
d'aventures humaines exquises,
bien destinées à prendre en charge
les conditions, même à la marge,
du bonheur de l'humanité
dans ce monde, dure réalité,
en changement comme la Vie
d’entreprises vivantes qui ont envie !
Réutilisation de « Diriger autrement », en rimes
par Régis Lecoeuvre, Toulouse.
Le vendredi 20 janvier 2006. Les enfants d'abord.
Après le théâtre (Le Mariage de Marie à Gusse à Baptisse) et la poésie (Avec et
sans amour et Randonneur et rêveur), voici que notre auteur belgo-québécois des
plus éclectiques, Jean-Pierre Coljon se lance dans le reportage, avec des
articles sur son expérience au Guatemala avec l'Organisation non gouvernementale
(ONG) CASIRA de Thetford Mines. Une expérience des plus enrichissantes et
motivantes qu'il vous partagera très prochainement sur son site.
Une telle expérience de coopération et de solidarité internationales au
Guatemala vous intéresse ? Il vous suffit de contacter CASIRA à l'adresse
indiquée dans son site à la section « Reportages. »
Jean-Pierre Coljon, bénévole de retour du Guatemala pour CASIRA.
Le jeudi 19 janvier 2006. Le chef rebelle.
Je suis rebelle quand on m'impose des façons de faire qui n'ont pas été
établies, discutées, échangées au départ. Je résiste profondément à tout système
qui fonctionne de façon imposée. Les règles du jeu, la mission de l'entreprise,
cela ne se définit pas une fois pour toutes sur le papier. On a de la difficulté
à écrire cela en plus de deux lignes. Je ne crois pas non plus à l'utilité d'en
faire des grands textes et des grands discours, car la mission est le fruit de
l'évolution de l'esprit de l'équipe. Si je prenais du temps pour rédiger tout
cela, je volerais du temps de présence que je dois à l'équipe, aux personnes.
Je prends tous les petits moments de temps libre pour être présent auprès des
gens, pour leur expliquer le sens de ce qu'ils font, pour leur montrer la joie
de bien faire, quelle que soit leur fonction.
Robert, le chef rebelle | Mots de passe
Le mercredi 18 janvier 2006. Philosophie.
On a tous le même âge, mais pas en même temps.
Julos Beaucarne. Entendu sur VivaCité.
Le mardi 17 janvier 2006. Le chef libérateur.
L'homme n'est pas sur Terre un pion dans un système.
Tout endoctrinement n'est qu'asservissement.
Les têtes dirigeantes sont pleines de principes,
mais leurs âmes sont vides et leurs cœurs refermés.
Le sens de la mission disparaît à court terme
en gérant le budget du trimestre prochain.
L'homme n'est pas l'outil, l'homme est le but ultime
et l'entreprise n'est qu'une aventure humaine
engagée pour servir le bonheur quotidien.
Le chef n'est qu'un soldat qui doit, servant les autres,
n'obéir humblement qu'à sa mission d'aimer.
Poèmes de gestion.
Le lundi 16 janvier 2006. Le chef, présence rassurante.
Il nous faut repenser le rôle du chef d'entreprise, du leader, quand on annonce
des années de vaches maigres ou folles : un chef, c'est avant tout une présence
rassurante. Mais nous avons trop souvent abdiqué de notre rôle de leader. Nous
sommes devenus de bons gestionnaires, c'est tellement plus raisonnable,
scientifique, et acceptable dans une société qui se veut démocratique.
Lettre de relance.
Le dimanche 15 janvier 2006. Le lac à l'Épaule ou un lac-à-l'épaule.
Si l'on vous propose un «lac-à-l'épaule», sachez que l'expression désigne en
fait une rencontre de planification stratégique. Elle est souvent organisée
lorsqu'une entreprise se bute continuellement aux mêmes problèmes. L'un des
moyens de régler cette situation consiste alors à prendre du recul (à la
campagne, par exemple) et à solliciter des employés ou des cadres pendant deux
ou trois jours pour réfléchir à la problématique.
Quant au véritable lac à l'Épaule, c'est l'un des plus grands lacs du parc
national de la Jacques-Cartier, à 45 minutes de Québec.
Jobboom Magazine | Office de la langue française | Sépaq
Le samedi 14 janvier 2006. Art, vérité & politique.
En 1958 j’ai écrit la chose suivante : « Il n’y a pas de distinctions tranchées
entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est
faux. Une chose n’est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à
la fois vraie et fausse.
Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s’appliquent toujours à
l’exploration de la réalité à travers l’art. Donc, en tant qu’auteur, j’y
souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que citoyen,
je dois demander : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ?
Harold Pinter, dramaturge, prix Nobel de littérature 2005. Dans l'édition
d'hiver 2006 de Tolerance.ca
Le vendredi 13 janvier 2006. Bonne chance !
Jour de chance ou jour à risque ? En tout cas, le vendredi 13 est gage de
rentrées spectaculaires pour la Loterie nationale. Les superstitieux prennent le
chemin des bureaux de vente de billet tandis que les sceptiques se disent que la
cagnotte sera plus importante. Mais les enjeux financiers ne doivent pas nous
faire oublier les origines de cette superstition...
Vivat.be
Le jeudi 12 janvier 2006. Le troisième caillou blanc : le rendez-vous.
Le regard que nous pouvons alors porter sur les autres et sur le monde, ce
regard part d'un point de vue établi solidement. La direction, le sens que nous
donnons à notre vie sera une ligne droite dans la mesure où elle respectera sa
définition géométrique : la droite est définie par deux points dans l'espace
libre. Le premier point, nous l'avons découvert, il se trouve en nous-mêmes. Où
se trouve le second point ?
Marchons encore un peu sur le chemin de la vision, pour nous rendre au troisième
caillou blanc, celui du rendez-vous. Nous y découvrirons peut-être l'autre point
qui définira la ligne qui indique le sens de notre vie, la direction à prendre
aussi pour gouverner l'entreprise.
Diriger autrement. Prévoir.
Le mercredi 11 janvier 2006. Petite introduction au cours de gestion.
Quelques concepts énoncés cette semaine :
La réussite, c'est une question de vision et de sens, de connaissance (de soi)
et de capacité adaptation.
Si on veut donner du SENS à une activité humaine,
il faut veiller à ce que cette activité comporte trois qualités essentielles :
1, elle doit être libératrice (il faut délier ce qui est lié, avant de pouvoir
allier), car on ne peut s'engager ni se responsabiliser sous la contrainte, la
peur
2, elle doit mener à la découverte...
3, elle doit favoriser la complicité entre humains...
Ces trois conditions réunies devraient faire en sorte que cette activité procure
du plaisir, de la joie, un certain contentement. Essayer donc !
Archives du cours d'entreprise.
Le mardi 10 janvier 2006. Concerto pour entreprise.
Toute construction est prodigieusement complexe et fragile. Bâtir un édifice,
une famille, une entreprise, un pays, est œuvre de longue haleine qui naît d'un
éclair de génie, se couve en silence et se développe avec patience...
... Construire un couple, une équipe, une clientèle, une entreprise, c'est aussi
aimer, passionnément, intimement et pour longtemps, c'est allier la liberté, la
découverte et la complicité.
Diriger autrement. Concerto pour entreprise.
Le lundi 9 janvier 2006. Quête de sens. Suite.
La rencontre d'autrui nous offre le premier sens et dans ce prolongement on
retrouve tous les autres.
Emmanuel Levinas.
Le dimanche 8 janvier 2006. Quête de sens.
La recherche indéfiniment recommencée de notre origine et de notre destination
est une constante des civilisations humaines : c'est le vertige du néant ?
Non, ce n'est pas le vertige du néant, c'est le vertige de l'avenir. L,avenir ne
peut avoir d'existence réelle. Si nous définissons l'univers comme la totalité
de tout ce qui existe, nous pouvons à la rigueur y incorporer le passé, car il a
laissé des traces, mais certainement pas l'avenir, qui n'est que pure
imagination.. Nous sommes, à ce stade de la réflexion sur nous-mêmes, face à ce
que les êtres humains on produit de plus étrange, ils on imaginé ce que demain
sera.
Albert Jacquard. Nouvelle petite philosophie (chez Stock, page 187).
Le dimanche 1 janvier 2006. Bonne année !
Je vous souhaite une très bonne année 2006, qu'elle vous apporte la santé, la
joie de vivre, la paix, et tout ce que vous pourrez souhaiter dans tous les
domaines.
Je prends ma retraite comme professeur de gestion mais, pour le bénéfice de
nombreux étudiants du monde francophone qui m'ont fait l'honneur de leur visite
virtuelle, mes notes de cours resteront archivées sur mon site au Collège
Lionel-Groulx.
Je continue cependant d'exercer ma profession de conseiller en management.
J'ai ajouté à cette page de journal une section Agenda dans laquelle je
transmets les invitations que mes amis et lecteurs ont bien voulu me communiquer
et faire partager. Merci de votre visite. Au revoir !
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