Albert Davoine - Archives du journal  - Troisième année - 2001


À visiter durant le temps des Fêtes : La pêche miraculeuse. Une installation collective de René Derouin et 1 200 sculpteurs de 8 à 13 ans, dans la Biosphère d'Environnement Canada à Montréal.

Dimanche, 30 décembre, 2001.
Nous ne pouvons éviter la souffrance qui forme la trame de notre vie. Mais la trame n'est pas toute la pièce qu'il nous est donné d'œuvrer. Pourtant, même si cela prend du temps à le comprendre, le type de souffrance qui est tramé pour nous, parle de l'œuvre à réaliser. Par exemple, le plus cruel, quand une âme profondément désirante nous a été donnée, c'est quand nous savons que Dieu est là mais que nous n'y avons pas accès avec notre conscience, à l'intérieur d'une expérience qui nous rendrait joyeux, joyeuse, et paisible. Pourtant, il y a de ces épreuves qui sont des occasions de purification. Quelle joie cherchions-nous ? Quelle paix ? Quelle satisfaction, devrais-je dire ? Et alors, à quelle dépossession de ce qui filtre la lumière divine, sommes-nous appelées ou appelé ? Car, nous nous absentons de Dieu mais l'Être est là, toujours là, qui parle, appelle, et parfois par une souffrance intime, fruit d'une recherche dont la vanité se fait déjà sentir, et se laisse tôt ou tard nommer.
C'est qu'alors une joie d'une plus grande qualité, une paix plus profonde nous appellent, plus pures que celles que nous souhaitions... qui voudraient faire l'économie de la souffrance. Car, enfin, si nous ouvrons les yeux sur la souffrance de l'humanité, il faut vraiment s'isoler, vraiment se fermer les yeux sur la misère des autres pour ne plus la ressentir, et appeler sur nous une sorte de joie et de paix superficielles qui tiennent dans l'oubli tel de nos frères, telle de nos soeurs qui souffre... Là ne peuvent être la joie et la paix de Dieu. L'Amour expérimente une Paix et une Joie qui ne tiennent dans l'oubli, même une parcelle de l'univers qui souffre. L'œuvre d'Amour est universelle, elle s'étend à la limite des milliards de galaxies, elle rejoint chaque enfant qui naît dans des camps de réfugiés, en Iran ou ailleurs, ou qui meurt de faim, quelque part dans la corne orientale de l'Afrique... oui, en vérité, il n'y a qu'un mot, qu'une attitude qui puisse nous ouvrir l'accès d'une telle œuvre, et c'est l'abandon à cet Amour, tout près de nous, œuvrant peut-être là, précisément, où nous ne croirions surtout pas le chercher...
Je nous souhaite de nous abandonner à l'Amour... un grand saut, ensemble.
Souhaitons-nous seulement de goûter à cette eau.
Lise Bourcier. Faculté de Théologie. Université de Sherbrooke.

Mardi, le 25 décembre, 2001. Joyeux Noël !
Et la paix? - Il m'est difficile d'y croire, plus difficile encore d'adhérer à ce qu'on nous propose comme paix. Les bombardements continuent en Afghanistan. On a abattu un régime odieux, mais on l'a fait en pactisant avec des alliés inquiétants et en renforçant des régimes militaires et corrompus. On a propagé une conception simpliste et dangereuse de la sécurité collective. On a répandu une méfiance à propension raciale. Comment souhaiter " paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ", quand on présume aussi massivement la mauvaise volonté?
(Dixit Laurent Laplante)

Dimanche, 23 décembre, 2001.
J'suis là, Saint'-Vierge, à mon coin d'rue
où d'pis l'apéro, j'bas la semelle;
j'suis qu'eune ordur', qu'eun' fill' perdue,
c'est la Charlotte qu'on m'appelle.
La Charlotte prie Notre-Dame durant la nuit du Réveillon ...
RICTUS, Jehan. Le coeur populaire. Ed. Eugène Rey, 1920.
La Bibliothèque de Montréal.


Samedi, 22 décembre, 2001.
A chaque enfant qui naît, le monde recommence,
Le monde recommence, recommence avec lui,
Et cet enfant qui vient du ventre de sa mère
Au ventre de la terre donnera bien du soleil.
(Gilbert Bécaud)

Dimanche, 16 décembre, 2001.
... ah! sur la terre
il y a des choses à faire
pour les enfants, les gens, les éléphants
ah! tant de choses à faire
moi pour
te donner du cœur
je t'envoie des fleurs
Souchon-Voulzy : Le pouvoir des fleurs

À voir et à entendre : "Le Maestro, sa Muse". À tout chant, société lyrique.

Samedi, 15 décembre, 2001
L'œuvre de toute une vie peut signifier cela :
faire naître une fleur,
une Petite Fleur.
(Petite Fleur.)

Lundi, 10 décembre, 2001. Prière du matin.
Mets dans mon âme la justice
Sur mes lèvres la vérité!
Qu'avec crainte et docilité
Ta parole en mon cœur mûrisse,
Et que ma voix s'élève á toi,
Comme cette douce fumée
Que balance l'urne embaumée
Dans la main d'enfants comme moi!
(Alphonse Marie Louis de Lamartine)

À visiter : Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Dimanche, 9 décembre, 2001.
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Charles Baudelaire. L'invitation au voyage.

Dimanche, 2 décembre, 2001.
Le piège du savoir, c'est de tomber dans la facilité de la solution toute faite aux questions de l'autre, quand on lui permet encore d'en poser. Le piège du pouvoir, c'est de croire qu'on peut apprivoiser l'autre en maintenant ses distances et en lui jetant du pain, des jeux, des formulaires, des dogmes ou des ordres, alors que la seule manière valable et efficace de changer avec l'autre c'est d'être présent, en silence, de le regarder avec respect et d'essayer un sourire de complicité. La société étant constituée de façon nucléaire de moi et de l'autre, c'est comme cela qu'on arrivera à la changer.
(L'esprit déformé. La Lettre de Relance. Hiver 2001.)

À visiter : Le Biodôme de Montréal.

Vendredi, 30 novembre, 2001.
Ce ne sont plus des hommes doués de raison qui partent à la guerre mais des robots programmés, des robotomisés, dont on a retiré tout sens critique ou moral. La fonction éthique si fragile dont le genre humain s'est enrichi au cours de son évolution, résiste mal à une machine à laver les cerveau. Même au cycle délicat tel que pratiqué ici par la moindre secte les ravages peuvent s'avérer désastreux. [...] Puissent la prudence et l'amour guider les réflexions et les actes de ceux qui doivent prendre des décisions à notre place.
(Roy Hubler. Frankenstein contre Achille Talon. Le Mouton Noir. Octobre 2001.)

À visiter : Francisco Goya.. Los Desastres de la guerra, au Musée des beaux-arts de Montréal.

Mardi, 27 novembre, 2001.
La stratégie du virage pédagogique est étonnante de simplicité : il suffit de prendre quelques principes évidents et de les traduire dans une langue complexe et obscure. Seuls les initiés la comprendront, et ils pourront débattre à leur aise (sous le regard admiratif de monsieur ou madame tout le monde) des points et des virgules : l'importance des initiés croîtra proportionnellement à l'incompréhension générale. (Élisabeth Little.)

Dimanche, 25 novembre, 2001.
Un véritable ami ne passe rien et pardonne tout. (Madame Du Deffand.)

Lundi, 19 novembre, 2001. Le bûcher moderne. Selon l'auteur Jean Bédard, nous vivons une nouvelle phase de la guerre que se livrent les fanatiques.
"Le doute est le courage de la conscience", disait Eckhart en refusant les dogmes. Pour Jean Bédard, ce fut une révélation. Notre histoire a retenu saint Thomas d'Aquin, Machiavel ou Descartes - précurseurs de la Modernité. Mais, à chacune de ces époques, des gens aussi savants et érudits ont préféré, eux, penser la tolérance et l'incertitude. Des géants de leur temps, aujourd'hui oubliés mais qui ont encore bien des choses à nous dire [...]
Car ce qui me frappe en travaillant sur Coménius, qui est le grand penseur de la démocratie au sens réel du terme, c'est à quel point cette démocratie est loin d'être arrivée. Et notre démission politique est peut-être la plus grande cause de tout ça. C'est assez terrible.
Entrevue de Jean Bédard par Josée Boileau, Le Devoir.

À visiter : La mosquée Hassan II à Casablanca

Dimanche, 18 novembre, 2001. Certaines personnes ont un charme naturel, un charisme. Ceci s'applique également aux pays et pas nécessairement aux pays les plus riches, ou les plus beaux, mais à ceux qui sont touchés par la grâce de Dieu et sont dotés d'un pouvoir d'attraction que d'autres n'ont pas. (Bienvenue au Maroc.)

Vendredi, 16 novembre, 2001.
Pourquoi me laisses-tu te chercher ?
L'errance de mes nuits me fait souffrir.
Je porte en moi l'écho des cris des autres
Et mon regard se perd dans leurs yeux douloureux.
(Ramadan)

Dimanche, 11 novembre, 2001. Action de grâces et jour du Souvenir.

Paris, le 11 novembre, 1918. Discours de Georges Clemenceau, Président du Conseil des ministres, ministre de la guerre annonçant à la Chambre des députés les termes de la convention d'armistice signée le matin même, à Rethondes.
(Assemblée Nationale de France.)

Vendredi, 9 novembre, 2001.
Le juste souffre en vain de ne pouvoir tuer
L'injuste qui le tue. L'homme de bien se tait
Quand vocifère encore un être malfaisant.
Mais le prix du silence est dans la déchirure
Et le renoncement. C'est la blessure intime
Du soldat de l'espoir, du guerrier de l'amour.
Guerre et paix.

Jeudi, 8 novembre, 2001. L'ARGENT.
Il peut acheter une maison, mais pas un foyer.
Il peut acheter un lit, mais pas le sommeil.
Il peut acheter une horloge, mais pas le temps.
Il peut acheter un livre, mais pas la connaissance.
Il peut acheter une position, mais pas le respect.
Il peut payer le médecin, mais pas la santé.
Il peut acheter du sang, mais pas la vie.
Il peut acheter du sexe, mais pas l'amour.
(Précepte chinois envoyé par Noémie Maughan.)

Mercredi, 7 novembre, 2001.
Le drame de la Sabena est le plus gros séisme social jamais enregistré à l'échelle belge.
La faillite la plus phénoménale. Le licenciement de masse le plus cataclysmique. (Le Soir)


Mardi, 6 novembre, 2001.
Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chose d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au change, pardi.
(Georges Brassens)

Novembre, 2001. La photo du jour de Gérald Brosseau, est pour vous la porte d'accès vers d'autres images regroupées sous différents thèmes. Ces photos, plus près de sa vie personnelle, sont accessibles et mises en ligne pour le bonheur de ses amis, des amis de ses enfants et de leurs parents et naturellement pour le vôtre si vous vous y laissez entraîner. Là vous découvrirez des choses étonnantes, amusantes, belles, émouvantes.

Mercredi, 31 octobre, 2001. À visiter : Les Mallettes Pédagogiques : Non, ce n'est pas l'Halloween, c'est Lucie Loupiotte: elle a déjà relevé son voile opaque et elle découvre les principes scientifiques.

Dimanche, 28 octobre, 2001...
Le temps n'a plus de prise au désert de l'espace
intérieur de l'humain qui recherche la paix.
Son être se contente en effet d'un soupir
pour meubler de musique un silence éternel...
La respiration.

À voir : Jean-Louis Roux et Emmanuel Bilodeau dans Le Visiteur d'Éric-Emmanuel Schmitt, une production du Théâtre des gens d'en bas. Calendrier des spectacles.

Samedi, 20 octobre, 2001.
Un jour, le père d'une très riche famille amène son fils à la campagne pour lui montrer comment vivent les gens pauvres. Ils y passent quelques jours sur la ferme d'une famille qui n'a pas beaucoup à leur offrir.
Au retour, le père demande à son fils : As-tu aimé ton séjour?
-- C'était fantastique papa!
As-tu vu comment les gens pauvres vivent? Demande encore le père.
-- Ah oui! Répond le fils.
Alors qu'as-tu appris? Le fils lui répond :
-- J'ai vu que nous n'avions qu'un chien alors qu'ils en ont quatre.
Nous avons une piscine qui fait la moitié du jardin et ils ont une grande crique.
Nous avons des lanternes dans notre jardin et eux ont des étoiles partout dans le ciel.
Nous avons une immense galerie à l'avant et eux ont l'horizon.
Nous avons un domaine mais eux ont des champs à perte de vue.
Nous avons des serviteurs alors qu'eux servent les autres.
Nous achetons nos denrées et eux les cultivent.
Nous avons des murs autour de la propriété pour nous protéger. Eux ont des amis qui les protègent.
Le père en resta muet. Le fils rajouta :
-- Merci Papa de m'avoir montré tout ce que nous n'avons pas.
Trop souvent nous oublions ce qui nous est acquis pour nous plaindre de ce que nous n'avons pas. Ce qui est un objet sans valeur pour l'un peut très bien être un trésor pour l'autre. Ce n'est qu'une question de perspective. C'est à ce demander ce qui nous arriverait si nous rendions grâce pour tout ce que nous avons au lieu d'en vouloir plus. Apprenons à apprécier ce que nous avons. Y compris nos amis.
(Ce texte m'a été transmis par mon ami Éric Kélada.)

À visiter : L'été des Indiens au Parc d'Oka.

Dimanche, 14 octobre, 2001.
Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien. Tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien
Un incident, une bêtise,
La mort de votre jument grise.
Mais à part ça, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
(P. Misraki, 1936)

Samedi, 13 octobre, 2001. Correspondances.
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
(Charles Baudelaire)

Mardi, 9 octobre, 2001. Islam, le temps de l'autocritique.
L'islam, dans son expansion continue et dans son regain inattendu, était supposé posséder tous les atouts pour s'imposer comme religion temporelle et répondre aux problèmes que ni l'arabisme, ni l'occidentalisme, ni le marxisme n'avaient résolus. Cependant, à défaut d'islamiser la modernité, il fallait bien se douter qu'on se trouverait un jour devant la nécessité de moderniser l'islam. (L'édito de Jean Daniel dans Le Nouvel Observateur.)

Lundi, 8 octobre, 2001. Le pouvoir de l'image.
De quelle nature serait le pouvoir de l'image ? Comment s'exercerait-il ? Pourrait-il s'insinuer jusqu'à l'individu pour influencer ses perceptions, ses actions, ses attitudes, ses comportements ? Le regard de l'individu contemporain est-il conditionné par les images qu'il consomme au demeurant allègrement ? Toutes ces questions nous font prendre conscience que nous percevons souvent les réalités qui nous entourent par les images. Ce volet thématique souhaite, dans un premier temps, faire comprendre comment l'image peut rendre confuse la ligne de partage entre l'expérience vécue et le monde des images. Il interroge plus précisément le pouvoir de l'image dans les sphères médiatique, politique, cinématographique, télévisuelle.
(Le mois de la photo à Montréal 2001. Vox.)

À visiter : La Magie des Lanternes au Jardin de Chine du Jardin botanique de Montréal

Vendredi, 5 octobre, 2001.
Si vous rencontrez quelqu'un qui vous dit: "Je sais que Dieu n'existe pas", c'est un imbécile qui prend son incroyance pour un savoir.
De même, si vous rencontrez quelqu'un qui vous dit: "Je sais que Dieu existe", c'est un imbécile qui a la foi.
Athées et croyants ne sont séparés que par ce qu'ils ignorent.
Il serait fou de s'entre-tuer pour ce qu'on ignore.
(André Comte-Sponville, cité par Karim Aktouf

Jeudi, 4 octobre, 2001.
Seule la religion de tous les hommes est la religion de Dieu. (Abbé Pierre.)

Mercredi, 3 octobre, 2001.
Il est des matins clairs comme des cris d'enfants
Qui s'éveillent joyeux au rouge crépuscule
Débordant de la terre, envahissant les cieux
Pour allumer enfin l'azur de ses lumières.
(Parfum d'éternité)

Samedi, 29 septembre, 2001.
Jeune fille timide, elle cultive un goût particulier pour les tout petits plaisirs : plonger la main au plus profond d'un sac de grains, briser la croûte des crèmes brûlées avec le dos de la petite cuillère ou faire des ricochets sur le canal Saint Martin. Dans la nuit du 30 août 97, le déclic se produit : elle prend la décision de réparer les cafouillages de la vie des autres. Mais les cafouillages de la sienne de vie, qui va s'en occuper ? Le fabuleux destin d'Amélie Poulain

Mardi, 25 septembre, 2001.
Ne demande jamais ton chemin
à quelqu'un qui ne sait pas s'égarer.

Lundi, 24 septembre, 2001.
La souffrance est un mal,
un mystère injustifiable.
Point d'interrogation.
Ou l'homme n'arrête pas
et tente-de-jouir-égoïstement-le-plus-possible-en-faisant-passer-le-temps...
Points de suspension...
Ou l'homme arrête là
et succombe à l'absurde en se donnant la mort.
Point à la ligne.
Ou l'homme vit encore
et veut tout regarder, repenser, réagir.
Il décide d'aimer, malgré tout.
Aimer. Point final.
(Albert Davoine. Note confidentielle 01-072.)

Jeudi, 20 septembre 2001.
Le rêve des pionniers, qui a jalonné l'histoire américaine, est-il encore vivant aujourd'hui?
Si le rêve américain signifie faire ses propres affaires en ignorant les autres, alors il est mort. S'il s'agit de fonder un monde sûr, ouvert, diversifié, de concrétiser les aspirations à la démocratie, à la justice, à la liberté formulées par Abraham Lincoln et Martin Luther King, alors oui, il vit encore. La technologie ne nous sauvera pas du terrorisme. La puissance militaire non plus. Le vieux rêve démocratique est notre seul espoir, notre seule arme. Il nous faut l'étendre et construire une démocratie mondiale. Si nous ne le faisons pas maintenant, ce sera la fin. Pour le meilleur et pour le pire, la destinée du monde et celle de l'Amérique ne font plus qu'une. Nous vivrons ensemble ou nous mourrons ensemble.
(Benjamin Barber. Propos recueillis par Dominique Simonnet dans L'Express du 20/09/2001.)

Samedi, 15 septembre, 2001.
La guerre la plus dure, c'est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer.
J'ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé.
Je n'ai plus peur de rien, car l'amour chasse la peur.
Je suis désarmé de la volonté d'avoir raison, de me justifier en qualifiant les autres.
Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.
J'accepte et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.
Si l'on m'en présente des meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j'accepte sans regrets. J'ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur.
C'est pourquoi je n'ai plus peur. Quand on n'a plus rien, on n'a plus peur.
Si l'on se désarme, si l'on se dépossède, si l'on s'ouvre à l'Amour qui fait toutes choses nouvelles, alors, l'Amour efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible. (Patriarche Athénagoras)

Le lendemain du mardi 11 septembre 2001.
Bienvenue, Henri !
Je suis heureux de te souhaiter la bienvenue dans notre monde. Nous en avons souvent honte, mais, que veux-tu ? il est tellement difficile à changer. On a l'impression de travailler en vain; on a parfois l'impression que la situation empire au lieu de s'améliorer.
Comment faudra-t-il de siècles avant que les humains vivent la belle chanson de Raymond Lévesque ? Un peu penauds, nous quitterons bientôt te laissant - et à ceux de ton âge - une tâche redoutable à achever. Bon courage !
Un vieillard, Martin Blais

Cher Professeur Blais,
Je disais justement ce matin à mes étudiants en finances que "La planète va aller mieux, parce qu'il va y avoir de plus en plus de monde correct au mille carré..." (*)
Pourquoi ?
Parce qu'il y a des gens comme vous qui ont consacré leur vie à éveiller les consciences, à témoigner du respect, à ramasser leurs déchets, à revendiquer et à pratiquer la justice...
Parce qu'il y partout des mères, des pères, des profs, et des vrais chefs...
Et un tas de connards aussi, mais enfin, au mille carré, des gens corrects de plus en plus nombreux.
Et il y a encore des vieillards qui rêvent et qui chantent comme des enfants.
Une chanson tantôt gaie, tantôt triste, mais il chantent encore.
Et les petits enfants s'endorment et font encore de beaux rêves.
Passez une belle soirée, mon cher professeur.
Albert Davoine, le grand-père d'Henri.

(* Citation de Benoît Aubin dans l'Actualité, édition du 25e anniversaire, page 102.)

Samedi, 8 septembre, 2001. Quand un mensonge fait l'affaire de tout le monde, on l'appelle la vérité officielle. (Jean Paré. Du rêve à l'illusion.)

Samedi, 1er septembre, 2001. Je me sens comme un réfugié politique dans mon propre pays. Je ne veux pas du premier ministre que j'ai, mais Chrétien est là pour toujours. Je voudrais voter à gauche au Québec mais il n'y a pas de gauche. En attendant la gauche, je voudrais m'informer mais il y a de moins en moins d'information. Je me sens rejeté, alors je marche à Québec et je me sens plus près de ceux qui attaquent le Sommet des Amériques que de ceux qui l'accueillent et qui n'ont pas plus de mandat que moi. (Gil Courtemanche. Le Devoir. 2001/09/01.)

À visiter : Le Château de Versailles

Vendredi, 31 août, 2001. Le Beau et la Bête.
Il y a un certain temps de cela, vivaient dans un royaume situé je ne sais où, un roi et une reine nommés je ne sais plus comment qui avaient une fille dont j'ai oublié le nom.
Or cette fille était affreuse : ses oreilles étaient aussi grandes que celles d'un éléphant, son nez était si long et si mou qu'il tombait sur ses chaussures, son œil était rouge et jaune, son crâne ne portait que quatre cheveux couleur ficelle et dans sa bouche, il n'y avait pas une dent.
Nul ne pouvait la regarder sans s'évanouir d'horreur.
Aussi portait-elle toute la journée un sac sur la tête...
(Murielle Belin et Edith Yildizoglu.)

Jeudi, 30 août, 2001. "O soleil, toi sans qui les choses ne seraient que ce qu'elles sont", disait Edmond Rostand dans Chanteclerc. (Cité par Madeleine Chapsal.)

Mardi, 28 août, 2001. Si je recommençais ma vie, je tâcherais de faire mes rêves encore plus grands parce que la vie est infiniment plus belle et plus grande que je n'avais cru, même en rêve. (Georges Bernanos.)

Samedi, 25 août, 2001. Claire.
Ceux qui n'ont pas connu cette charmante fille
Ne peuvent pas savoir ce qu'était ce regard
Transparent comme l'eau qui s'égaie et qui brille
Quand l'étoile surgit sur l'océan hagard. (Victor Hugo.)

Vendredi, 24 août, 2001. Paresser n'est pas rien faire. Paresser revient à faire ce pour quoi nous sommes faits. Paresser, c'est marcher à son rythme, ce qui, dans un monde emballé, revient forcément à traîner les pieds. Car il n'est pas né le prophète qui me convaincra qu'il est normal de se brûler pour réaliser Dieu sait quoi dont plus personne ne se souvient. Le travail ne réalise pas nos rêves, il les tue. Et nous nous sentons coupables de ne rien faire, nous n'osons jamais avouer aux autres que nous n'avons rien fait quand nous n'avons rien fait. Ne rien faire est le destin du déclassé, de l'inadapté. Dans le monde moderne, il est louable d'être crevé tandis qu'il est grandement suspect d'être reposé. (Serge Bouchard. Le Devoir, Édition du 20 août 2001.)


Jeudi, 23 août, 2001. Ne faites jamais le jour même ce que vous pouvez faire faire le lendemain par un autre. (Colonel Adelson Davoine.)

Mercredi, 22 août, 2001. Le Petit Homme aux Haricots.
Il était une fois, il n'y a pas si longtemps de cela, une pauvre femme qui vivait seule avec son fils. Elle avait travaillé dur pour l'élever, et maintenant qu'il était grand, elle espérait pouvoir souffler un peu. Mais il était impossible de compter sur ce garçon. Ce n'est pas qu'il était stupide ou paresseux, non. Il était brave, serviable, plein de force et il aimait tendrement sa mère. Mais il passait son temps à lire des contes de fée. Il en avait lu tant et tant qu'il en avait la tête farcie et qu'on ne pouvait rien tirer de lui... (Les contes de la dernière pluie. Édith Yildizoglu et Murielle Belin.)

Mardi, 21 août, 2001. Note confidentielle 0-789.
Sois patient dans le temps,
le temps qui démesure l'espace d'un instant
car avant le temps, l'espace était néant.
Sois patient comme Dieu
qui regarde l'humain et qui l'attend demain.

À visiter : Le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Lundi, 20 août, 2001. L'époque a ses pudeurs. En matière de sexe, on peut tout dire. Dans le domaine des sentiments, on n'ose plus. Foin des nouveaux tabous: n'ayons plus peur des mots qui touchent. (Et si on parlait un peu d'amour... Marion Festraëts. L'Express du 09/08/2001.)

Juillet 2001. Relâche. Nous faisons relâche pour les vacances scolaires.
Visitez le Québec et nos archives.
De retour le 20 août 2001. Au revoir et bonnes vacances !

Mercredi, 20 juin, 2001.
Mettre de la vie dans tout ce qu'on fait, même au prix de la sienne.
(Colonel Adelson Davoine. 1915-2001.)

Lundi, 18 juin, 2001.
Le geste était admirable et émouvant, comme le sont presque toujours ceux qu'inspire le pardon. [...]
Malheureusement, le beau et le juste ne coïncident pas toujours.
(Dixit Laurent Laplante.)

Vendredi, 15 juin, 2001.
Pardonner c'est donner au-delà de donner.
(Pardonner.)

Jeudi, 14 juin, 2001.
Pardonner, c'est résister à la cruauté du monde. (Edgar Morin.)

Mercredi, 13 juin, 2001.
Les personnes sans travail ont souvent l'impression qu'elles sont inutiles, que leurs compétences n'intéressent personne et qu'elles n'ont rien à contribuer. Le bénévolat peut changer tout cela. Rendre visite à une personne qui est incapable de sortir, organiser une activité spéciale ou même rédiger un article pour le bulletin d'un organisme peut donner ou redonner l'impression qu'on a quelque chose à offrir et qu'on peut faire du bien à des personnes, à des organismes ou encore à soi-même. (Lorraine Street.)

Mardi, 12 juin, 2001.
Israël, représenté par M. Ehud BARAK, Ministre des Affaires étrangères,
l'Autorité Palestinienne, représentée par M. Yassir ARAFAT, Président.
[...] Dans cet esprit, ils s'engagent, par la déclaration de principes suivante, à: [...]
- respecter et faire respecter la diversité et le pluralisme dans leur société et promouvoir la tolérance entre ses différents groupes et lutter contre les manifestations d'intolérance, le racisme et la xénophobie. Les participants soulignent l'importance d'une formation adéquate en matière de droits de l'homme et de libertés fondamentales;
- respecter leur égalité souveraine ainsi que tous les droits inhérents à leur souveraineté et exécuter de bonne foi leurs obligations assumées, conformément au droit international...
(Déclaration de Barcelone. 1995.)

Lundi, 11 juin, 2001.
La première tasse de thé est amère comme la mort,
la deuxième est sucrée comme la vie,
la troisième est douce comme l'amour.
(Le thé, expression de l'hospitalité arabe.)

Dimanche, 10 juin, 2001.
C'est au petit matin,
quand la nuit des vivants fait place
au crépuscule des dieux,
quand les divins enfants de la Terre
encore endormis sous leurs draps de misère
respirent en silence la paix des souvenirs, ou l'angoisse des rêves.
C'est à ce moment là
que se lève le père, l'homme, le boulanger,
celui qui cuit le pain.
(Paternité.)

Samedi, 9 juin, 2001.
En février 1943, Saint-Exupéry, depuis New York, adressait à la France humiliée par l'occupation nazie sa Lettre à un otage. Il s'inclinait devant ceux qui, sans moyens et avec des risques énormes pour eux et pour leurs proches, formaient les maquis et qui, le mot est resté, résistaient. Il s'adressait, lui pilote de guerre encore libre, à ceux qu'on punissait des attentats commis par les maquisards et qui servaient d'otages à l'occupant. Il concluait ainsi :
Il s'agit de vous faire libres dans la terre où vous avez le droit fondamental de développer vos racines. Vous êtes quarante millions d'otages. C'est toujours dans les caves de l'oppression que se préparent les vérités nouvelles. [...] Il n'est pas de commune mesure entre le combat libre et l'écrasement dans la nuit. Il n'est pas de commune mesure entre le métier de soldat et le métier d'otage. Vous êtes les saints.
Par quelles contorsions mentales en arrive-t-on à demander à un chef politique qui n'y peut rien de désamorcer des bombes humaines? Par quelle amnésie ignore-t-on ce que Sartre et Saint-Exupéry ont dit du désespoir et du métier d'otage?
(Dixit Laurent Laplante.)

Vendredi, 8 juin, 2001.
Un preux chevalier, Saint-Georges, qui combat un monstre horrible, le dragon, dans une arène de sable au beau milieu de la Grand'Place de Mons, pendant une demi-heure, chaque année le dimanche de la Trinité, en présence d'une foule énorme et enthousiaste: en quelques mots, c'est cela le Combat dit Lumeçon. (La Ducasse de Mons. Belgique.)

Jeudi, 7 juin, 2001.
La condition essentielle à tout changement est la recherche de la vérité, et l'acceptation du risque de la solitude. Aucun changement ne s'accommode du moindre mensonge. Ou alors, nous courons vers les mirages dans le désert, nous achetons du cinéma. (Le mirage du changement.)

Mercredi, 6 juin, 2001.
Les gens n'aiment pas le changement, qui représente toujours un stress. Plusieurs sont prêts à y résister malgré les conséquences néfastes que cela peut avoir sur l'organisation et, par conséquent, sur leur emploi. La raison de cela est instinctive : l'être humain essaie toujours de réduire au minimum ses choix, de façon à ce que ses décisions deviennent automatiques, autant dans sa vie de tous les jours que dans son travail.
Pour contrer ces automatismes, le meilleur conseil que l'on puisse donner aux entreprises, c'est de se préoccuper du changement et d'y investir continuellement afin de le démystifier et de le dédramatiser aux yeux des employés. (Shimon Dolan. La gestion par valeurs. NTM)

Mardi, 5 juin, 2001.
Un âne ne trébuche pas deux fois sur la même pierre. [...] Pour continuer à créer, il est nécessaire de renoncer au pouvoir, à la possession de sa création, et d'accepter le partage. Créer, c'est également engendrer la liberté de l'autre. (Le piège de l'expérience.)

Lundi, 4 juin, 2001.
Lorsqu'on parvient à une meilleure connaissance de soi, c'est la nature humaine et le monde qu'on connaît mieux. C'est une invitation à se connaître soi-même pour opérer une transformation radicale et ensuite agir ou en même temps agir sur le milieu. Toute transformation du psychisme individuel aura nécessairement un effet sur le psychisme collectif. [...]
Pour vaincre l'inertie, nous devons défendre et mettre en pratique des idées qui vont à l'encontre de l'absurdité de la société d'aujourd'hui, inventer de nouveaux modes d'expression et de nouvelles façons de concevoir le potentiel humain. Pourquoi? Non pas pour faire apparaître une nouvelle utopie, mais parce que l'inaction est insensée et suicidaire. Plutôt que de fuir notre liberté, nous devons l'exercer; c'est dans l'essence même de l'humanité. [...]
Avant d'évaluer nos chances de changer le monde, nous devons d'abord choisir de traduire notre conscience en action, quel qu'en soit le résultat éventuel. Ainsi, nous nous libérons de notre disposition à l'inertie et au fatalisme. Nous surmontons notre sentiment d'impuissance.
(Brian K.Murphy. De la pensée à l'action. | Préface de Jacques Languirand.)

À visiter : Le Musée des Beaux Arts de Caen

Dimanche, 3 juin, 2001.
Malheureux peut-être l'homme, mais heureux l'artiste que le désir déchire! ...
Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles;
mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.
(Charles Baudelaire.)

Samedi, 2 juin, 2001.
Si la pluie te mouille, mon amour nouveau,
si la pluie te mouille, n'aie pas peur de l'eau:
tu te fais grenouille, mon amour tout beau,
et la pluie vadrouille te long de ton dos.
Si le vent t'évente, mon amour léger,
si le vent t'évente, ce n'est pas un danger:
en feuille volante tu peux te changer,
en feuille mouvante sans te déranger.
(Anne Sylvestre.)

Vendredi, 1er juin, 2001.
J'ai reçu des fleurs aujourd'hui. Ce n'était pas mon anniversaire ni un autre jour spécial. Nous avons eu notre première dispute hier dans la nuit, et il m'a dit beaucoup de choses cruelles qui m'ont vraiment blessée. Je sais qu'il est désolé et qu'il n'a pas voulu dire les choses qu'il a dites parce qu'il m'a envoyé des fleurs aujourd'hui.
J'ai reçu des fleurs aujourd'hui et ce n'était pas la fête des mères ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m'a de nouveau battue, c'était beaucoup plus violent que les autres fois. Si je le quitte, que deviendrais-je? Comment prendre soin de mes enfants? Et les problèmes financiers? J'ai peur de lui mais je suis effrayée de partir. Mais je sais qu'il doit être désolé parce qu'il m'a envoyé des fleurs aujourd'hui.
J'ai reçu des fleurs aujourd'hui. Aujourd'hui c'était un jour très spécial, c'était le jour de mes funérailles. Hier dans la nuit, il m'a finalement tuée. Il m'a battue à mort. Si seulement j'avais trouvé assez de courage pour le quitter, je n'aurais pas reçu de fleurs aujourd'hui. (Texte transmis par Hélène.) (ICREF : La violence faite aux femmes et aux jeunes filles.)

Jeudi, 31 mai, 2001. À la fin de cette année scolaire, je voudrais partager humblement avec tous les professeurs, et spécialement avec les Campagna, Dagenais, Gougeon, Ouellette, Saucier, Villeneuve, et les autres émérites qui ont aussi enseigné à mes enfants, "ce petit mot qui n'est qu'une simple expression de l'immense gratitude que j'ai à votre égard. Vous êtes plus qu'un simple professeur académique. Vous m'avez appris à mieux vivre. Grâce à vous, je me rapproche continuellement de l'homme que je veux devenir. Avec tout le respect que je vous porte. Merci mille fois. Jean-François."

À visiter : Claire Finet. Histoire du costume et de la coiffure.

Mercredi, 30 mai, 2001. Monsieur le président, arrêtez-vous donc maintenant ! Débranchez votre téléphone cellulaire, rangez votre auto sur le bord de la route et allez donc vous promener pour contempler les bleuets inutiles dans les champs de blé ou pour faire des ronds dans l'eau ! Marchez seul quelques pas, faites silence une minute, une heure, une journée, une année s'il le faut. (Nouvelles Tendances en Management.)

Mardi, 29 mai, 2001. Il n'est de progrès que si on se sait imparfait, que si l'on admet que la façon usuelle de faire les choses n'est peut-être qu'un vilain aveuglement, que si le regard porte plus loin que le seuil de la porte. Mais comment se fait-il que l'on ne parvienne pas, pas plus ici qu'ailleurs, à accepter comme au moins vraisemblables les vues qui contredisent ou nuancent les nôtres? (Dixit Laurent Laplante.)

Lundi, 28 mai, 2001. Roland dit: "Pourquoi contre moi cette colère? L'autre répond: "Compagnon, c'est votre faute. La bravoure sensée n'a rien à voir avec la folie. La mesure vaut mieux que la témérité. Si les Français sont morts, c'est par votre imprudence; nous ne servirons jamais plus le roi Charles. (La Chanson de Roland.)

Dimanche, 27 mai, 2001. Chez Jeanne, la Jeanne,
Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu,
On pourrait l'appeler l'auberge du Bon Dieu
S'il n'en existait déjà une,
La dernière où l'on peut entrer
Sans frapper, sans montrer patte blanche... (Georges Brassens.)

À visiter : Le château de Feluy et les conférences de l'APUS

Samedi, 26 mai, 2001. Nos meilleurs vœux de bonheur à Stéphane Lison et à Marie-Isabelle Devilers !
La non-demande en mariage.
Ma mie de grâce ne mettons
Pas sous la gorge à Cupidon
Sa propre flêche
Tant d'amoureux l'on essayé
Qui de leurs bonheurs ont payé
Ce sacrilège
J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main
Ne gravons pas nos noms
Au bas d'un parchemin
(Georges Brassens)

Vendredi, 25 mai, 2001. Un enfant
C'est le dernier poème
D'un monde qui s'entête
À vouloir devenir grand. (Jacques Brel.)

Jeudi, 24 mai, 2001. Bienvenue sur Terre à Jeanne Lacombe!
Bien chère Jeanne. Je te souhaite la bienvenue dans notre monde. Nous aurions aimé t'accueillir dans un monde moins barbare, un monde sans guerre, sans violence, sans pauvreté, mais tu peux quand même te compter chanceuse d'arriver au début du troisième millénaire. Les progrès de la science et de la technique sont impressionnants, mais l'être humain ne progresse pas au même rythme. On lègue ses inventions, mais on ne lègue pas ses qualités morales. En ce domaine, chacun repart de zéro. Tu portes un nom célèbre. Toutes les Jeanne n'ont pas été des modèles à imiter, mais il en est une que j'aime bien : Jeanne d'Arc. Je te souhaite d'avoir son courage pour mener les combats qu'il faudra encore livrer pour faire régner un peu plus de justice et de charité sur la terre. Je te souhaite de la santé et du courage. À tes parents, toutes mes félicitations. Martin Blais.

À visiter : Les Archives de Montréal : Hôpital Saint-Luc de Montréal (1936)

Mercredi, 23 mai, 2001. Colère. Je voudrais savoir m'enfermer dans ma chambre, m'agenouiller et prier Dieu comme le faisait ma grand-mère, pour qu'impuissance et humiliation se métamorphosent en obéissance et humilité. Rien. Je ronge ma colère comme mon chien son os, nous sommes domestiqués lui et moi, il se soumet à toutes mes trahisons, aveugle et fidèle, la mère en moi résiste à toutes mes velléités d'abandon de mes fils, j'abdique, docile et muselée. (Jeanne.)

Mardi, 22 mai, 2001. C'est une constante de l'histoire - et en particulier de l'histoire de la France - que les hommes de pouvoir ont toujours cherché à mettre la culture au service de leurs propres desseins. La manière dont on représente le pouvoir n'est-elle pas déjà en soi un parti-pris de pouvoir! [...] Ainsi les relations que le pouvoir - voire la politique - entretient avec la culture sont-elles ambivalentes: autant objet de rejet et de censure qu'invitation à l'aide et au mécénat. (Naissance de la culture française. Bibliothèque nationale de France.)

Lundi, 21 mai, 2001. Fête de la Reine Victoria et de Dollard-des-Ormeaux.
L'origine du signe dollar : elle est controversée. Cependant la théorie la plus largement admise est la suivante : le signe du dollar serait la résultante d'une évolution du peso espagnol ou mexicain "P's". Le signe S progressivement écrit par dessus le P aurait donné le signe $ au bout d'un moment. Le terme dollar, appliqué à la pièce espagnole tout d'abord, proviendrait du terme allemand "thaler".

À visiter : La ville de Bayonne en Pays Basque

Dimanche, 20 mai, 2001. Je ne prétends point être là, ni survenir à l'improviste, ni paraître en habits et chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne, (Éloge et pouvoir de l'absence. Victor Ségalen.)

Samedi, 19 mai, 2001. Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j'ai acheté des oiseaux
Pour toi
Mon amour (Jacques Prévert.)

Vendredi, 18 mai, 2001. J'ai le trac, comme l'artiste avant le lever du rideau, même après plus de trente années de métier. Il me faut aller demain expliquer à des jeunes gens ce qu'est la vente, et leur donner le goût du métier. (J'ai le trac pour vendre.)

Jeudi, 17 mai, 2001. Le secret est dans la sauce. Premièrement, pour réussir une bonne sauce à spaghetti, il faut être intuitif, patient, improvisateur (pour remplacer un ingrédient manquant par un autre équivalent qu'on a sous la main), avoir un bon oeil, un bon goût, un bon odorat, et aimer couper les légumes...Ce sont les qualités humaines à mettre en pratique dès le départ. (Guy Ferland.)

Mercredi, 16 mai, 2001. Comment une simple fille de laboureur, qui n'avait jamais quitté son village, a-t-elle pu devenir un chef de guerre qui avait l'estime de ses compagnons d'armes et que ses ennemis redoutaient ? (Qui était Jeanne d'Arc?)

Mardi, 15 mai, 2001. Et pour ne laisser aucune occasion de troubles et différends entre nos sujets, avons permis et permettons à ceux de ladite religion prétendue réformée vivre et demeurer par toutes les villes et lieux de cestui notre royaume et pays de notre obéissance, sans être enquis, vexés, molestés ni astreints à faire chose pour le fait de la religion contre leur conscience, ni pour raison d'icelle être recherchés dans les maisons et lieux où ils voudront habiter, en se comportant au reste selon qu'il est contenu en notre présent Édit. (Henry, roi de France et de Navarre. Édit de Nantes.1599.)

Lundi, 14 mai, 2001. Pour un observateur superficiel, la vérité scientifique est hors des atteintes du doute ; la logique de la science est infaillible et, si les savants se trompent quelquefois, c'est pour en avoir méconnu les règles. [...]Quand on a un peu plus réfléchi, on a aperçu la place tenue par l'hypothèse ; on a vu que le mathématicien ne saurait s'en passer et que l'expérimentateur ne s'en passe pas davantage. Et alors, on s'est demandé si toutes ces constructions étaient bien solides et on a cru qu'un souffle allait les abattre. Etre sceptique de cette façon, c'est encore être superficiel. Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir. (Henri Poincaré.)

À visiter : Les Ursulines. Jean-Paul Lemieux. Au Musée du Québec.

Dimanche, 13 mai, 2001. Dans la Grèce antique au printemps les anciens Grecs fêtaient Rhéa, la mère de tous les dieux. Les Romains au Vème. siècle avant Jésus-Christ, célébraient au mois de juin les "Matralia", fête des femmes et des mères. (La fête des mères.)

Samedi, 12 mai, 2001. La musique est le langage le plus profond de l'homme. (Léonard Bernstein.)

Vendredi, 11 mai, 2001. Pourquoi serais-je hors de ta pensée? Simplement parce que je suis hors de ta vue? Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin... (Henry Scott-Holland / Charles Péguy.)

Jeudi, 10 mai, 2001. Gérer, c'est être sage, et voir dans le réel,
Ce qui nous est possible, ou qui est éternel. (Gérer.)

Mercredi, 9 mai, 2001. La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles. (Charles Baudelaire.)

Mardi, 8 mai, 2001. Être en route serait une façon très taoïste de réaliser de manière sensible la métaphore suivante : vous vous pensez d'abord sur la route, porteur d'une missive et, au fil du déroulement des paysages, vous vous découvrez, avec un certain étonnement, devenir vous-même le message que vous vous croyiez porter. (Jean Paul.)

À visiter : Le Mont Rundle. Parc national de Banff.

Lundi, 7 mai, 2001. Caroline, Caroline, mets tes p'tits souliers vernis
Ta robe blanche des dimanches, et ton grand chapeau fleuri.
Caroline, Caroline, t'arrêt' pas comm' ça en ch'min
Marche plus vite, ma petite Tu vas nous fair' rater l'train.

Dimanche, 6 mai, 2001. Visitez l'île-des-Moulins de Terrebonne.

Samedi, 5 mai, 2001. La mondialisation des exclus est aussi redoutable que la mondialisation des échanges commerciaux. (Martin Blais.)

Vendredi, 4 mai, 2001. Chyen ni kat pat, yo pa ka pwan kat chimin. Le chien a quatre pattes, mais il ne prend pas quatre chemins à la fois. (Proverbe créole.)

Jeudi, 3 mai, 2001. Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime ;
Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours
Quand tout change pour toi, la nature est la même,
Et le même soleil se lève sur tes jours.
(Le Vallon. Lamartine.)

Mercredi, 2 mai, 2001. Le regard de respect avec lequel le chef considère les personnes dans l'entreprise permet d'établir un climat fraternel rassurant, propice à l'éclosion de la collaboration créatrice et à la préparation de la relève. (Le travail accompli.)

À visiter : Le château médiéval de Ratilly en Puisaye bourguignonne

Mardi, 1er mai, 2001. Le sourire fait renaître l'espoir, et le sens de l'humour est le symptôme de l'équilibre mental, de la capacité de relativiser les choses, de prendre du recul et d'être indulgent envers soi et envers les autres. Ce sens de l'humour n'est donné qu'à ceux qui ont le sens de l'amour, à ceux qui ont conservé la passion, le goût viscéral de quelque chose de beau, de vrai, de généreux. (Arrêter pour avancer.)

Lundi, 30 avril, 2001. Attendre la mort est une tâche d'homme, comme à vingt ans on attend une lettre d'amour. (Oscar Leclercq.)

Dimanche, 29 avril, 2001. La béatification d'Esther Blondin, (fondatrice de la Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne) : l'étonnante victoire d'un prophète "abattu avant l'heure" [...] On se sacrifiait alors par crainte de diviser l'Église ou de nuire à son oeuvre. De nos jours, la situation s'est renversée. On tolère de moins en moins l'injustice dans la société, et c'est une Église structurellement autoritaire qui est devenue, y compris pour des religieuses, cause de scandale. (Jean-Claude Leclerc. Le Devoir.)

Samedi, 28 avril, 2001. La dernière démarche de la raison, c'est de connoistre qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent. Elle est bien foible sii elle ne va jusques là. Il faut sçavoir douter où il faut, assurer où il faut, se soûmettre où il faut. Qui ne fait ainsi n'entend pas la force de la raison. Il y en a qui péchent contre ces trois principes, ou en assurant tout comme démonstratif, manque de se connoistre en demonstration ; ou en doutant de tout, manque de sçavoir où il faut se soûmettre ; ou en se soûmettant en tout, manque de sçavoir où il faut juger. Si on soûmet tout à la raison, nostre Religion n'aura rien de mystérieux & de surnaturel. Si on choque les principes de la raison, nostre Religion sera absurde et ridicule. (Blaise Pascal. 1670.)

Vendredi, 27 avril, 2001. Ô fais-moi jaillir du ventre ganté !
Fais-moi renaître dans le cri de la femme
avec mon coeur intact !
(François Counil. Le silence.)

À visiter : Le château médiéval de Ratilly en Puisaye bourguignonne

Jeudi, 26 avril, 2001. La crise que nous vivons est une véritable crise de sens, car nous ne savons tout simplement plus comment expliquer ce qui nous arrive : le capital n'a jamais été aussi puissant et la Planète n'a jamais été aussi misérable et aussi maltraitée, les profits d'entreprises, les PNB et les bourses croissent quand se multiplient le chômage et la précarité. Mais nos économistes et dirigeants continuent à faire l'autruche. On s'acharne à guérir les maux du néolibéralisme par plus de néolibéralisme! (Omar Aktouf, dans Nouvelles Tendances en Management. Avril 2001.)


Mercredi, 25 avril, 2001. Quelles sont les racines du malaise démocratique? " La plupart des législateurs ont été des hommes bornés, que le hasard a mis à la tête des autres, et qui n'ont presque consulté que leurs préjugés et leurs fantaisies. Il semble qu'ils aient méconnu la grandeur et la dignité même de leur ouvrage; ils se sont amusés à faire des institutions puériles, avec lesquelles ils se sont à la vérité conformés aux petits esprits, mais discrédités auprès des gens de bon sens. " (Montesquieu, cité par l'Amicale des anciens parlementaires du Québec.)

Mardi, 24 avril, 2001. L'amitié est-elle une forme privilégiée de la connaissance d'autrui? (Philagora.) (L'amitié, c'est la distance maintenue entre deux êtres.)

Lundi, 23 avril, 2001. Le traitement de Haïti au Sommet des Amériques me fait songer à la fable de Jean de la Fontaine : Les animaux malades de la peste :
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.

Dimanche, 22 avril, 2001.
La quatrième planète était celle du businessman.
Cet homme était si occupé qu'il ne leva même pas la tête à l'arrivée du petit prince.
Moi, dit-il encore, je possède une fleur que j'arrose tous les jours. Je possède trois volcans que je ramone toutes les semaines. Car je ramone aussi celui qui est éteint. On ne sait jamais. C'est utile à mes volcans, et c'est aussi utile à ma fleur, que je les possède. Mais tu n'est pas utile aux étoiles...
Le businessman ouvrit la bouche mais ne trouva rien à répondre, et le petit prince s'en fut.
(Antoine de Saint-Exupéry.)

Samedi, 21 avril, 2001. Il faut qu'une cause soit bien mauvaise pour que ceux qui y croient la défendent avec autant de mensonges... (Dixit Laurent Laplante.)

Vendredi, 20 avril, 2001. Les quelques mots des autres qui percent le silence
intérieur du poète allument sa conscience
qu'au delà du réel on retrouve l'amour.
(Le chemin du printemps.)

Jeudi, 19 avril, 2001. Il y a tout au long des marchés de Provence
Qui sentent, le matin, la mer et le Midi
Des parfums de fenouil, melons et céleris
Avec dans leur milieu, quelques gosses qui dansent
Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle
Ai franchi des pays que je ne voyais pas
J'ai hâte au point du jour de trouver sur mes pas
Ce monde émerveillé qui rit et qui s'interpelle
Le matin au marché. (Gilbert Bécaud.)

Mercredi, 18 avril, 2001. ... Et il y a, perdu dans tout ça, un Caroline en forme de cri du coeur, complètement à côté du sujet à première vue mais pas à deuxième, peut-être qu'en effet il ne reste que l'amour pour lézarder les murs... La clôture est là. Et on raconte qu'en se concentrant très fort et en regardant à travers le grillage, on peut voir l'ouverture au monde. J'ai essayé, ça n'a pas marché. Peut-être demain. (Jean Dion. Le Devoir.)

Mardi, 17 avril, 2001. C'est toi encore
Ressentant toutes les secousses du monde
A même ta peau
DACOS sismographe intérieur
S'autorisant peu de temps en roue libre
Tant qu'il lui semble qu'il est urgent de dénoncer
Presque honteux d'être heureux
Quand le monde se déchire
Et craquelle
Dans tous les azimuts.
(Julos Beaucarne.)

À visiter : Dacos, graveur belge.

Lundi, 16 avril, 2001. Dieu n'existera vraiment que quand les hommes vivront d'amour.
Le Dieu de l'homme est mort. L'homme peut ressusciter Dieu, le Dieu fait homme. (Le Vent.)

À visiter : L'arche de Noé au Jardin botanique de Montréal.

Dimanche, 15 avril, 2001. Arrêtez de faire la guerre ! Pourquoi, ça !
Moi, je n'aurais pas fait cela !
S'il vous plaît, arrêtez, arrêtez !
Les femmes et les enfants n'ont plus d'hommes. La guerre ne sert à rien !
Moi, je ferai la paix ! S'il vous plaît !
Tous les enfants s'amusaient avant la guerre.
Les enfants jouaient avec leurs copains et leurs copines.
Les enfants ne pourront plus aller à l'école.
Ils ne sauront plus lire et écrire à cause de la guerre.
(Valéria VERQUIN, Élève de première année. Le Mur pour la Paix.)

Samedi, 14 avril, 2001. Le pouvoir possessif est souvent illusoire parce que, au fond, le chef monarchique ne contrôle plus grand chose dans son entreprise. Son style de leadership autocratique s'est propagé à tous les niveaux hiérarchiques et chacun possède et défend jalousement son territoire... Puisque l'efficacité d'un chef se mesure comparant le changement obtenu par rapport au pouvoir exercé pour le provoquer, le chef qui contrôle tout en possédant l'argent, l'image, la propriété, finit toujours par ne plus rien contrôler du tout, car le seul pouvoir de la brique, c'est de rester sur place : l'inertie ne génère en effet aucun changement. (Contrôler.)

Vendredi, 13 avril, 2001. La démocratie, c'est plus que des élections.
En agissant comme s'ils étaient des monarques élus à la tête d'oligarchies politico-technocratiques, les chefs d'État des 34 pays du continent non seulement contredisent leur engagement vertueux de départ, ils accentuent la tendance générale mondiale de la marginalisation des parlements par les pouvoirs exécutifs (les gouvernements). Ce qui prévaut ainsi un peu partout, ce ne sont pas une vie et une pratique politiques démocratiques mais plutôt des comportements autoritaires et absolutistes. (Jean-Pierre Charbonneau, président de l'Assemblée nationale du Québec. Le Devoir.)

Jeudi, 12 avril, 2001. Le chef usurpateur ne manque pas de vision. Il voit très bien où il veut s'en aller. Mais il ment effrontément à son équipage. Il a soudoyé la vigie, faussé les cartes ou s'apprête à vendre ou à saborder le navire. Et il s'étonne ensuite qu'on ne le suive pas, que ses plans d'action n'aboutissent pas, qu'on est incapable de mettre fin au gaspillage et de remettre en marche la machine... Être honnête, c'est être respectable. Si le chef veut être digne d'estime, il se doit d'être vrai. Autrement, il ne peut pas donner l'exemple, il ne peut ni éduquer, ni diriger. (Le mensonge.)

Mercredi, 11 avril, 2001. Que deviendraient nos hommes politiques, s'ils devaient bannir de leurs discours " responsable " et " irresponsable " ? Ces deux adjectifs, trop rarement suivis d'un complément, restent flous et utilisés à des fins personnelles et démagogiques. (Les mots à la mode.)

Mardi, 10 avril, 2001. Il y a des gens qui sont à la quête d'un idéal. Qu'ils vendent des chaussures ou qu'ils mijotent des sauces à spaghetti, ils sont conscients et fiers de faire quelque chose de valable pour la société. Et c'est là que devrait commencer le rôle social d'une entreprise. (Nouvelles Tendances en Management.)

Lundi, 9 avril, 2001. La dollarisation, dit Enrique, le serveur, il n'y a qu'aux riches et aux enfants de riches que ça plaît. Comme ça, ils se sentent encore plus Américains. Et plus étrangers encore qu'ils ne le sont déjà à la majorité de leurs compatriotes qui n'ont, eux, ni les moyens ni les prétentions de cette américanisation. Fernando Andrade, professeur en marketing, enseigne à ces enfants de riches à l'Université des Amériques à Quito: "Je leur dis: Vous ne connaissez pas votre propre pays. Vous êtes trop bêtes pour en reconnaître le potentiel. Les Équatoriens sont des aveugles." (Guy Taillefer. Le Devoir.)

Dimanche, 8 avril, 2001. C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aime tant...
(Berthe Sylva. Paroles: Ch.L.Pothier, Musique: Léon Raiter 1926.)

Samedi, 7 avril, 2001. L'ONU prévoit qu'en l'an 2000, la moitié de la population mondiale vivra dans des villes. Le défi de l'urbanisation est de taille puisque neuf des dix plus grandes villes du monde et 80 % de la population urbaine seront dans des pays en développement. Comment se préparer à faire face aux problèmes, aux besoins et aux exigences de ces milliards d'individus ? Le défi est là. (Vivre en ville.) (Tous les mardis d'avril et mai, à 21 h, à Télé-Québec, en reprise le samedi à 16 h.)

Vendredi, 6 avril, 2001. C'est ma vie, c'est ma vie
Je n'y peux rien
C'est elle qui m'a choisi
C'est ma vie
C'est pas l'enfer,
C'est pas l'paradis...
(Salvatore Adamo, fils d'immigré.)

Jeudi, 5 avril, 2001. Sur un mur de son atelier, on pouvait lire il y a cinquante ans: "Vivent les fous qui sautent à pieds joints là où n'osent se poser les anges". (Charles Daudelin. 1920-2001)

À visiter : Charles Daudelin. Femme accroupie. Musée du Québec.

Mercredi, 4 avril, 2001. Par la Neuvième
se désintègrent les armes aux feux célestes
Par la Neuvième s'effacent les Nations
Les foules descendues sur le macadam clament
Aimez-vous !
La haine est la mort des Peuples
Par la Neuvième, par la Neuvième
Ne jurez plus que par la Neuvième
" Alle Menschen werden Brüder "
(Bertrand CLAUDE)

Mardi, 3 avril, 2001. La peinture est poésie muette, la poésie peinture aveugle.(Léonard de Vinci)

À visiter : Les réserves ouvertes de dix musées canadiens.

Lundi, 2 avril, 2001. Le chef, une présence rassurante, c'est tout un programme. Une présence qui devrait être rassurante alors que, dans trop de cas, elle est démobilisante. Comme vous dites, les leaders ne sont pas moins nécessaires en démocratie. Je dirais même qu'ils le sont davantage. Un petit dictateur n'a pas besoin d'être compétent, mais, quand on fait confiance et qu'on délègue des responsabilités, il faut être compétent et fort. (Martin Blais.)

Dimanche, 1er avril, 2001. Il nous faut repenser le rôle du chef d'entreprise, du leader, quand on annonce des années de vaches maigres ou folles : un chef, c'est avant tout une présence rassurante. Mais nous avons trop souvent abdiqué de notre rôle de leader. Nous sommes devenus de bons gestionnaires, c'est tellement plus raisonnable, scientifique, et acceptable dans une société qui se veut démocratique. (Le chef, une présence rassurante.)

À visiter : La Maison Van Gogh à Cuesmes.

Samedi, 31 mars, 2001. Quand nous nous attelons à la tâche de bâtir, nous partons d'une idée folle. Au départ le projet doit être insensé, parce qu'il est neuf, inconnu, original. Si les autres ne nous regardent pas du coin de l'œil avec un certain sourire lorsque nous leur parlons la toute première fois de notre projet, c'est que ce n'est pas très génial, ça ne les surprend pas, ce n'est pas bien différent de ce qu'ils connaissent déjà. Car c'est cette idée folle qui allume la passion, le coup de foudre, l'énergie créatrice débridée qui nous pousse à croire, à nous projeter au dehors de nous même, vers les autres, vers l'avenir. (Allegro.)

Vendredi, 30 mars, 2001. Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné deux yeux et quand je les ouvre
Je distingue parfaitement le noir du blanc
Et là-haut dans le ciel, un fond étoilé
Et parmi les multitudes, l'homme que j'aime.
(Violeta Parra, Chili.)

Jeudi, 29 mars, 2001. Jésus se fait deux oeufs sur le plat. Il n'est pas coiffé, pas rasé, pieds nus il a laissé sa croix dans un coin. Aussitôt qu'il a un moment, il dessine des enfants, des enfants, des enfants. Parfois, il lit les journaux et hausse les épaules. (Jean-Pierre Rosnay.)

Mercredi, 28 mars, 2001. C'était l'heure du thé, avant l'entrée des lampes. La villa dominait la mer; le soleil disparu avait laissé le ciel tout rose de son passage, frotté de poudre d'or; et la Méditerranée, sans une ride, sans un frisson, lisse, luisante encore sous le jour mourant, semblait une plaque de métal polie et démesurée. [...] Peut-on aimer plusieurs années de suite? [...]
– Tenez, j'ai connu dans cette île, qui se dresse devant nous, comme pour répondre elle-même à ce que nous disions et me rappeler un singulier souvenir, j'ai connu un exemple admirable d'un amour constant, d'un amour invraisemblablement heureux. Le voici. (Maupassant. Le bonheur. 1884.)

Mardi, 27 mars, 2001. La marche de l'humanité vers les droits de l'Homme ne sera jamais achevée. (Robert Badinter.)

Lundi, 26 mars, 2001. Pourquoi une enquête ?
Une enquête mondiale a récemment été réalisée. Elle contenait la question suivante :
S'il vous plaît, quelle est votre opinion sur la pénurie d'aliments dans le reste du monde ?
Cette enquête fut un échec total car...
...en Amérique du Sud, personne ne savait ce que signifie "s'il vous plaît",
...en Europe de l'Est, personne ne savait ce qu'était une "opinion",
...en Europe occidentale, personne ne savait ce qu'était une "pénurie",
...en Afrique, personne ne savait ce qu'étaient des "aliments", et
...aux États-Unis, personne ne savait ce qu'était le "reste du monde".
(de la part de Marie-Claire Davoine.) (Oxfam-Québec.)

Dimanche, 25 mars, 2001. Être père, c'est aimer avec vision, présence et renoncement. (Paternité.)

Samedi, 24 mars, 2001. Respecter les jeunes, c'est aussi les amener à se dépasser et à croire que l'activité intellectuelle possède des vertus quasi thérapeutiques. Non seulement apporte-t-elle une satisfaction de l'esprit mais elle peut adoucir les âpretés de la vie et faire prendre conscience que le savoir seul est libérateur. Autrement dit, qu'une école à diplômes et sans savoir est une imposture mise en place par des irresponsables. (Denise Bombardier. Le Devoir.)

Vendredi, 23 mars, 2001. Le délire est source de graves problèmes de vision. Le chef qui délire ne peut plus voir, il se fait avoir. Ce sont les autres qui s'emparent alors de sa conscience et qui le mènent, et qui dirigent son entreprise. Le premier devoir du chef est de s'arrêter, pour rester lui-même. Il doit se reposer et dormir, pour contrôler ses émotions, penser calmement et lucidement, et conserver assez d'énergie pour chasser les marchands du temple, écarter de son chemin les parasites enragés, et maintenir à distance les usurpateurs névrosés du pouvoir. (Le délire.)

Jeudi, 22 mars, 2001. Il est des façons d'entretenir l'inculture tout en faisant semblant de la porter en haute estime. L'une d'entre elles consiste à ne pas savoir où s'arrêter,..., à pratiquer la mondialisation en matière économique et le nombrilisme en matière artistique. Hélène Carrère d'Encausse a parfaitement raison de rappeler à la France que la langue et la culture françaises sont moins menacées par l'anglo-saxon que par le " snobisme imbécile des élites ". On pourrait ajouter, pour consommation québécoise, que culture n'est pas synonyme de frilosité et qu'un peuple qui se sait distinct ne construit pas son plaidoyer sur la myopie ou sur l'arrogance. (Dixit Laurent Laplante.)

Mercredi, 21 mars, 2001. Une somme d'institutions totalitaires ne peut pas engendrer la démocratie. (Omar Aktouf.)

À visiter : Maison-Rivière-Bateaux. Nylda Aktouf.

Mardi, 20 mars, 2001. Agissons aujourd'hui selon notre conscience, mais donnons-nous un point de repère infiniment présent, immuable et infaillible : le respect, puis l'amour des autres humains, en commençant par le prochain qui entre dans notre bureau. (Le sens des affaires.)

Lundi, 19 mars, 2001. La passion de l'excellence, la qualité totale et le management nouveau, comme bien des vins du même cru, ne sont souvent que d'horribles piquettes à la mode qui ne durent qu'une saison. Pourquoi tant de fruits secs et tant d'efforts gâchés ? (Qualité totale et qualité humaine.)

Dimanche, 18 mars, 2001. Travaillez comme si vous n'aviez pas besoin d'argent. Aimez comme si personne ne vous avait jamais fait souffrir. Dansez comme si personne ne vous regardait. Chantez comme si personne ne vous écoutait. Vivez comme si le paradis était sur terre. (De la part de Michel Lison.)

Samedi, 17 mars, 2001.
Bonne fête et défilé de Saint Patrick à mes amis Irlandais! (Mettez-y de la couleur!)

Vendredi, 16 mars, 2001. Lorsque le temps s’arrête et que je joue ma propre vie, je chéris les moments de retrouvailles avec des amis autour d’une bonne table que j’aurai probablement cuisinée moi-même... Malgré ma plus grande qualité, la patience, je fuis les opportunistes et je crains les gens qui essaient de nous exploiter. Enfin, depuis quelques années, je suis le porte-parole des petits frères des Pauvres... (Jean Besré.)

À visiter : La maison des petits frères des Pauvres, à Montréal

Jeudi, 15 mars, 2001. A une jeune universitaire qui me demandait quelle orientation donner à ses études et à sa carrière, j'ai déjà répondu ceci : " Quelle genre de grand-mère voulez-vous être ? Fermez les yeux. Comment vous voyez-vous dans cinquante ans ? Où êtes-vous ? Comment êtes-vous assise, habillée ? Que racontez-vous à vos petits-enfants ? " (Lettre à Sophie.)

Mercredi, 14 mars, 2001. Les réformes de l'éducation sont faites par des imbéciles qui n'ont jamais vu d'écoles ni d'étudiants. Le Québec est la place au monde où il y a le plus de réformes bidon qui se font pour justifier des postes de bureaucrates. Des générations d'étudiants de cégeps ont été scrapées par des réformes inapplicables... On a complètement abandonné l'éducation... Certains de mes étudiants veulent l'indépendance du Québec; or, ils sont totalement analphabètes! Ils veulent imposer une langue qu'ils ne parlent même pas! Les étudiants qui viennent d'ailleurs parlent trois langues: leur langue maternelle, l'anglais et le français, qu'ils parlent mieux que nous. Qui va-t-on engager demain? Lâchez-moi avec vos histoires de Patriotes! Voulez-vous qu'on vous mette dans un enclos au Lac-Saint-Jean et qu'on vous donne des pinottes? Cette idéologie de provincialisme me révolte. (Lucien Francoeur, poète, cité dans VOIR, invité de Paul Arcand à CKAC.)

Mardi, 13 mars, 2001. La tolérance comporte une souffrance à supporter l'expression d'idées, selon nous, néfastes, et une volonté d'assumer cette souffrance. (Edgar Morin.)
Le plus néfaste au Canada : il s'insinue dans notre cour. Il attaque notre nez et nos yeux. Il est passé maître dans l'art du déguisement et peu d'entre nous savent le reconnaître. (Ambrosia.) (Recherchez tout ce qui est encore néfaste...)

Lundi, 12 mars, 2001. Mettre de la vie dans tout ce qu'on fait, même au prix de la sienne. (Colonel Adelson Davoine.)

À visiter : La Maison Smith sur le Mont Royal.

Dimanche, 11 mars, 2001. Les deux grandes qualités d'un homme sont pour moi l'amitié et l'optimisme. (Roger Frison-Roche.)

Samedi, 10 mars, 2001. Une intolérance n'excuse pas l'autre et celle des taliban mérite tous les blâmes. Il en est cependant contre lesquelles on peut lutter à domicile. (Laurent Laplante.)

Vendredi, 9 mars, 2001. Les Médecins Sans Frontières apportent leurs secours aux populations en détresse, aux victimes de catastrophes d'origine naturelle ou humaine, de situations de belligérance, sans aucune discrimination de race, religion, philosophique ou politique. (MSF Belgique.) (MSF Canada.) (MSF France.)

Jeudi, 8 mars, 2001. La femme a dans le regard une lueur d'éternité... (Notes confidentielles.)
Définition des attouchements complices.

Mercredi, 7 mars, 2001. La joie s'acquiert. Elle est une attitude de courage : être joyeux n'est pas une facilité, c'est une volonté. (Gaston Courtois).

Mardi, 6 mars, 2001. Nous confondons souvent décision et action. Quelle force intérieure, quelle énergie ne faut-il pas déployer pour vivre un délai quand le prochain pas est celui de l'autre? (Je n'ai pas le temps d'attendre.)

Lundi, 5 mars, 2001. Une vie heureuse, une vie qui a du sens, c'est une vie qui a appris à connaître le bonheur dans les trois mouvements de l'âme : la liberté, la découverte et la complicité. (Diriger autrement : retrouver le sens).

Dimanche, 4 mars, 2001. Étrange pays baigné par deux hémisphères où les papillons sont plus gros que les oiseaux, et où les baleines sautent comme des dauphins.(L'Équateur, par Alain Debord.)

Samedi, 3 mars, 2001. Il n'y a rien de plus pratique qu'une bonne théorie! (Alphonse Descamps.)

Vendredi, 2 mars, 2001.
O! 't ruisen van het ranke riet!
o wist ik toch uw droevig lied!
wanneer de wind voorbij u voert
en buigend uwe halmen roert,
gij buigt, ootmoedig nijgend, neer,
staat op en buigt ootmoedig weer,
en zingt al buigen 't droevig lied,
dat ik beminne, o ranke riet!
(Guido Gezelle.)

À visiter : Bruges.

Jeudi, 1er mars, 2001.
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
(Charles Baudelaire.)

Mercredi, 28 février, 2001. J'ai le trac, comme l'artiste avant le lever du rideau, même après plus de vingt années de métier. Il me faut aller demain expliquer à des jeunes gens ce qu'est la vente, et leur donner le goût du métier. (J'ai le trac pour vendre.)

Mardi, 27 février, 2001. L'amitié, c'est la distance maintenue entre deux êtres.
La distance nécessaire pour s'apprivoiser. (L'amitié.)

Lundi, 26 février, 2001. Un bon petit diable à la fleur de l'âge
La jambe légère et l'œil polisson
Et la bouche pleine de joyeux ramages
Allait à la chasse aux papillons. (Georges Brassens.)

À visiter : Papillons en liberté au Jardin botanique de Montréal.

Dimanche, 25 février, 2001. Si tu ne peux pas être une étoile au firmament, sois une lampe dans ta maison.(Dyna. Un charmant petit site suggéré amicalement par Georgette.)

Samedi, 24 février, 2001. Mon ami Jean-Guy Cyr a quitté la planète Terre mercredi soir pour se métamorphoser en une autre bonne étoile rayonnante de sagesse et de générosité. Homme d'affaires retraité, il était trésorier bénévole du Centre Au Puits de Montréal. Un don peut y être fait en sa mémoire. Nous nous étions rencontrés en 1991, suite à la publication de la Lettre de Relance Réussir une faillite.

Vendredi, 23 février, 2001. Non, ni le père, ni le professeur, n'engendrent d'enfants pour les laisser idiots et serviles. La mission du résistant est de saboter, à chaque époque de l'humanité, c'est-à-dire aujourd'hui, les installations périclitantes des totalitarismes de tout acabit. L'ignorance et l'embrigadement de la connaissance sont autant de contraintes desquelles l'homme doit s'affranchir, pour jouer son rôle dans ce qui semble être le scénario de l'univers, c'est-à-dire l'évolution imprévisible et féconde, dialoguant entre l'ordre et le désordre. (Lettre à Robert.)

Jeudi, 22 février, 2001. J'ai appris avec regret le décès de monsieur Ulric Aylwin et j'ai retrouvé sa trace sur le site du Café pédagogique du Collège de Maisonneuve. Il y a déjà bien longtemps, j'avais eu la chance, le plaisir et l'honneur d'assister à un de ses séminaires, et j'en avais retenu une phrase : "Un professeur, un éducateur, un chef, est essentiellement un générateur de sens". Une simple phrase que je me répète chaque fois que je rentre en classe, chaque fois que je rencontre un élève, chaque fois que je regarde un enfant, depuis trente ans. Merci monsieur Aylwin, vous avez donné du sens à ma mission de professeur, à ma vie d'homme et de père.

Mercredi, 21 février, 2001. Un chef, ça ne fait rien, mais ça se lève tôt pour le faire! (Colonel Davoine.)

Mardi, 20 février, 2001. Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui chantent la mer.

Lundi, 19 février, 2001. En présence d'un être, on dirait que ce ne sont pas tellement les paroles qui comptent, mais leur musique. Et que dire de la beauté des gestes, du mouvement des yeux et des lèvres ? Il y a comme une fascination qui met un voile entre vous et l'autre. (Gilles Archambault.)

Dimanche, 18 février, 2001. Les hommes apprennent comment mesurer les jours. Le sage écoute battre son cœur.
Les hommes sont heureux. Le sage questionne. (Sergio Bassenko.)

À visiter : Venise, photographiée par Sergio Bassenko.

Samedi, 17 février, 2001. À ceux qui, pour un moment, sont doges, je conseille de bien observer ce que je leur mets sous les yeux, comme dans un miroir, qu'ils sont des chefs et non des seigneurs, pas même des chefs, mais les premiers serviteurs du peuple. (Pétrarque. Venise. Lettre de mai 1355.)

Vendredi, 16 février, 2001. Il y a trois cent millions d'années, les continents se séparèrent. Avez-vous perdu votre âme en chemin? À visiter : (Le Cap de Bonne-Espérance. Afrique du Sud.)

Jeudi, 15 février, 2001. Oser. Quand ce qui nous anime déplace les montagnes,
Parce que le risque est grand
De voir passer le temps d'aimer. (Oser.)

Mercredi, 14 février, 2001. La femme de la vie est la fille du vent
on la cherche des yeux et ce que l'on découvre
n'est que trace d'amour dessinée à la plume. (La fille du vent.)

Mardi, 13 février, 2001. C'est dans les petites choses que se mesure un grand amour ; en faire de grandes, ce n'est pas difficile : on est porté ; mais les ordinaires, les mesquines, les fastidieuses, nécessitent un oubli de soi dont peu sont capables. (Pasteur-Vallery-Radot).

Lundi, 12 février, 2001. Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j'ai acheté des oiseaux
Pour toi
Mon amour. (Jacques Prévert.)

Dimanche, 11 février, 2001. Morne l'après-midi des dimanches, l'hiver,
Dans l'assoupissement des villes de province,
Où quelque girouette inconsolable grince
Seule, au sommet des toits, comme un oiseau de fer ! (Georges Rodenbach.)

Samedi, 10 février, 2001. Heureux qui chante pour l'enfant
Et qui sans jamais rien lui dire
Le guide au chemin triomphant (Jacques Brel.)

À visiter : Kuujjuaq

Vendredi, 9 février, 2001. Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison. (Louis Aragon. Jean Ferrat.)

Jeudi, 8 février, 2001. Il ne faut pas parler du résistant qui guette en choisissant son arme et qui scrute le vent. (Message secret.)

Mercredi, 7 février, 2001. Le presbytère n'a rien perdu de son charme ni le
jardin de son éclat. (Gaston Leroux.) (Maurice Béjart.)

Mardi, 6 février, 2001. Tiens-toi droit!
Si tu t'arrondis, tu auras l'air d'une arche.
Tiens-toi droit!
Si tu t'arrondis, tu auras l'air de quoi ? (Anne Sylvestre.)
(Les 16 et 17 février au Théâtre Petit Champlain, Québec.)

Lundi, 5 février, 2001. Pardonner c'est donner au-delà de donner. (Pardonner. 4-324. 1992).

Dimanche, 4 février, 2001. Regarder l'assaillant comme un autre être humain, avec lequel la paix sera faite demain. (Encore. 4-296.1991).

Samedi, 3 février, 2001. Oser ! Parce que le risque est grand, de voir passer le temps d'aimer. (Oser. LR14. 1990.)

Vendredi, 2 février, 2001. Parodie de circulaire militaire par des soldats de la Wehrmacht, front russe, Stalingrad, hiver 1941-42 : "Noël n'aura pas lieu cette année pour les raisons suivantes : Joseph a été mobilisé, Marie s'est engagée dans la Croix-Rouge, l'Enfant Jésus a été évacué à la campagne avec son école, les Rois Mages n'ont pu obtenir de visas faute d'un certificat d'aryanité, l'étoile a été interdite par la Défense passive, les bergers sont de garde et les anges sont devenus standardistes. Il ne reste que l'âne, et qui donc voudrait passer Noël avec un âne ?" (Christophe Courtois, Strasbourg.) Soixante ans après Stalingrad, comment se passera la fête de Pâques 2001 à Jérusalem et sur le front iraélo-palestinien ?

Jeudi, 1er février, 2001. Le communisme a aboli les mécanismes du marché et imposé un contrôle collectif sur toutes les activités économiques. L'intégrisme de marché cherche à abolir les décisions collectives et à imposer la suprématie des valeurs du marché sur les valeurs politiques et sociales. Les deux extrêmes sont erronés. (George Sorros, spéculateur boursier. Cité par Gérard Bérubé. Le Devoir).

À visiter : Sainte-Anne-de-la-Pérade, capitale mondiale du poisson des cheneaux.

Mercredi, 31 janvier, 2001. De l'esprit du commerce. L'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une a intérêt d'acheter, l'autre a intérêt de vendre; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels. Mais, si l'esprit de commerce unit les nations, il n'unit pas de même les particuliers. Nous voyons que, dans les pays où l'on n'est affecté que de l'esprit de commerce, on trafique de toutes les actions humaines, et de toutes les vertus morales : les plus petites choses, celles que l'humanité demande, s'y font, ou s'y donnent pour de l'argent. (Montesquieu. 1689-1755.)

Mardi, 30 janvier, 2001. Adieu dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel et invisible pour les yeux... C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante... Tu es responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose... (Antoine de Saint-Exupéry. Le Petit Prince.)

Lundi, 29 janvier, 2001.
Hier c'était avril au bord de la rivière
aujourd'hui l'arbre nu lézarde le ciel gris
mais dans le fond de moi scintille une lumière
et le vent me rappelle que nous sommes amis. (Carillon.)

Dimanche, 28 janvier, 2001. À visiter : Le Mont-Sainte-Anne.

Samedi, 27 janvier, 2001. Le mirage c'est cela : nous nous bâtissons un château dans le désert et, quand nous nous y croyons enfin rendus, il n'y a plus rien que le vent. Mais parfois dans ce désert, si vous prenez le temps de regarder, pas trop loin de vous, il y a un bédouin assis près d'une source, et qui attend. Est-il arrivé avant vous, ou vous a-t-il suivi jusque là ? Vous ne l'aviez pas remarqué auparavant, obnubilé par votre mirage. Il attend en silence, le regard serein qui se perd sur quelques ronds dans l'eau... (Désirer ce qu'on a déjà.)

Vendredi, 26 janvier, 2001. Je veux devenir Calife à la place du Calife. (Iznogoud, le Grand Vizir. Jean Tabary.)

Jeudi, 25 janvier, 2001. Refrain :
Le voilà, le voilà, regardez !
Il flotte et fièrement il bouge,
Ses longs plis au combat préparés,
Osez, osez le défier,
Notre superbe drapeau rouge,
Rouge du sang de l'ouvrier
Rouge du sang de l'ouvrier.
(Le drapeau rouge. Paul Brousse.1877.)

Mercredi, 24 janvier, 2001. L'éthique c'est la sublimation des grandes valeurs : la noblesse du cœur, le courage, la loyauté, le sens aigu des responsabilités, le respect de la parole donnée, la conscience professionnelle. C'est également une condamnation sans appel des abus de l'argent, ce cancer de notre société. L'esthétique, le culte du beau et du bon, privilégie le qualitatif sur le quantitatif et s'efforce de créer du durable... La société ne se sauvera pas grâce aux puces électroniques ou au téléphone portable mais bien plutôt par un supplément d'âme. (Jacques Guillemain.)

Mardi, 23 janvier, 2001. À visiter : Le Musée Jean de la Fontaine à Château-Thierry.

Lundi, 22 janvier, 2001. Bonne rentrée scolaire au Collège Lionel-Groulx !

Dimanche, 21 janvier, 2001. À visiter : Whistler - British Columbia

Samedi, 20 janvier, 2001. C'est étrange de se dire que tous ces fragments de ma personne sont accessibles au premier venu, c'est à se demander sans fin s'il faut ou non proposer tel texte, telle photo. Quand je l'ai mis en ligne pour la première fois, j'avais d'abord protégé ce site par un mot de passe. Tout était en place mais moi seul pouvait y accéder. C'était rassurant, je maîtrisais la situation ! A présent vous lisez mon journal et ma biographie, vous visitez mes tableaux et me voyez tel que je me vois. En définitive c'est plus émouvant que la parution de mon roman, lequel n'est jamais qu'une fiction. (Christophe Spielberger.)

Vendredi, 19 janvier, 2001. Si tu ne viens pas à la montagne, la montagne viendra à toi. (Lamontagne.)

Jeudi, 18 janvier, 2001. Ah! comme la neige a neigé ! Ma vitre est un jardin de givre. (Émile Nelligan.)

Mercredi, 17 janvier, 2001. La famille est la première et la meilleure école de solidarité. La complicité est synonyme d'appartenance à une équipe. Être accepté par les autres est un besoin fondamental de l'individu social que nous sommes. L'équipe ouverte, ou la famille saine, jouent un rôle protecteur et renforçateur sur leurs membres et elles sont le lieu de solidarités qui permettent l'éclosion des personnalités. C'est là un endroit privilégié où le bien-être peut être ressenti. (La complicité.)

À visiter : Quêtes et songes hyperboréens. La vie et l'art d'un peuple ancien de l'Arctique. Exposition en cours au Musée McCord à Montréal.

Mardi, 16 janvier, 2001. C'est la peur au ventre, dans de noires ténèbres
Que l'homme peut entrevoir la vérité
Dont le rayonnement se perd dans la lumière
De nos désespérantes croyances. (La voie de la liberté. | Le Déviant.)

Lundi, 15 janvier, 2001. Si la certitude est plus apaisante, le doute est plus noble. (Salâma Mussa, cité par Guy Ménard.)

Dimanche, 14 janvier, 2001. Vivre, c'est composer avec des mots tressés
un message secret de tendresse et de paix. (Vivre.)

Samedi, 13 janvier, 2001. L'homme serait au cœur d'une machine énorme | et qui depuis le temps du néant infini | se destine à créer l'amour et sa conscience. (Soleil levant.)

Vendredi, 12 janvier, 2001. Il n'y a pas d'angoisse, il n'y a qu'un silence.
Les mots et les discours ne portent plus de sens.
Et l'homme enfin se penche en marchant son chemin
sur le caillou qui brille ou la fleur qui se fane. (Le chuchotement.)

Jeudi, 11 janvier, 2001. Je remercie la Providence de mon excellente santé. Mais j'ai célébré mon soixante-deuxième anniversaire alors même que je me livrais à cette réflexion sur mon avenir. Les années nous sont comptées, et j'ai une jeune famille, d'autant plus précieuse qu'elle m'est venue sur le tard. Audrey a donné plus que je ne pourrai jamais lui rendre. Je veux aussi vivre pleinement cette aventure merveilleuse de l'éducation de garçons de onze et neuf ans. Alexandre et Simon ont besoin de moi. Et moi, j'ai besoin de les retrouver tous et de leur consacrer désormais le meilleur de mes énergies et de mon temps. (Lucien Bouchard.)

Mercredi, 10 janvier, 2001. Il est des matins clairs comme des cris d'enfants
Qui s'éveillent joyeux au rouge crépuscule
Débordant de la terre, envahissant les cieux
Pour allumer enfin l'azur de ses lumières. (Parfum d'éternité.)

Mardi, 9 janvier, 2001. Le mot facile est fascinant. Facile à écrire, facile à dire, il n'a même pas de ç pour la difficulté. De nos jours, ce mot s'applique à toutes les réalités, de la naissance jusqu'à la mort. Selon les nouveaux prêches des paradis de la modernité, tout est facile ou devrait l'être. Le difficile est anormal, suspect; il nécessite des interventions, voire des enquêtes. Des difficultés, nous ne voulons plus en prendre et nous avons perdu la volonté de seulement les affronter. (Serge Bouchard. Chroniques. Le Devoir.)

Lundi, 8 janvier, 2001. Car un enfant qui pleure, qu'il soit de n'importe où,
est un enfant qui pleure. (Barbara. Les Enfants de la Terre.)

À visiter : Hitchcock et l'art : coïncidences fatales au Musée des beaux-arts de Montréal.

Dimanche, 7 janvier, 2001. Penser, en somme, en fonction de ses seuls besoins de producteur va dans le sens contraire de l'évolution! Moi, j'ai confiance qu'il y a au moins un dessein dans la Nature, un dessein qui rapproche de la pensée de Pierre Teilhard de Chardin.... Le vent de privatisation actuel apparaît comme une sorte de "doldrums", un temps mort dans l'évolution, un passage à vide dans l'histoire. Je crois, malgré tout, qu'on va abolir la guerre, qu'on va abolir la pauvreté, qu'on va abolir la soif, la faim, l'ignorance. Qu'on va scolariser le monde. Qu'on va outrepasser les limites de l'agressivité et de la compétition. Et qu'on va se mettre d'accord sur un certain nombre d'objectifs planétaires. (Pierre Dansereau, cité par Louis-Gilles Francoeur. Le Devoir.)

Samedi, 6 janvier 2001. Ce n'est que dans le temps d'arrêt, la solitude et le silence, qu'émergent à notre conscience les parfums du passé. Ce sont les odeurs de notre propre cuisine d'hier qui nous font réussir les plats d'aujourd'hui et choisir le menu de demain. (Le chef cuisinier.)

Vendredi, 5 janvier, 2001. Chaque année à la même date a lieu sur la place de Mons un combat sanglant au cours duquel un animal est sauvagement assassiné. En effet, un dragon meurt dans d'atroces souffrances, tué lâchement au pistolet. Saint Georges, l'homme désigné pour accomplir cette singulière tâche, n'est pas homme de bonté: il frappe par trois fois l'animal déjà à bout de souffle. Ce dernier ne sait déjà plus bouger lorsque Saint Georges lui porte le coup fatal. La bête gémit alors atrocement. Une question vous vient peut-être à l'esprit, comment se fait-il qu'un tel massacre soit toléré de nos jours? (Front montois de libération del biette)

Jeudi, 4 janvier, 2001. Nous sommes libres de décider pourquoi, dans quel but, nous allons entreprendre. Cependant, notre liberté de décision et d'action doit être orientée par notre souci, sinon par la nécessité de la justice sociale. (Petits conseils pour diriger autrement.)

Mercredi, 3 janvier, 2001. Les hommes, apprenant à la longue à se soucier les uns des autres, à se protéger et à partager entre eux, et même à sacrifier leurs intérêts particuliers pour le grand bien de l'Humanité, avec la certitude que leur coopération mutuelle ne peut que les individualiser davantage, la température psychique du monde conscient atteindra une nouvelle incandescence. (Notes confidentielles.)

Mardi, 2 janvier, 2001. Pilules pour maigrir, pour dormir, pour les cheveux... reconnaissons que si les firmes pharmaceutiques les commercialisent, c'est parce que nous les achetons. Pensons-y quand d'un autre côté nous trouvons à juste titre inacceptable qu'aucun investissement ne soit, par exemple, fait dans de nouveaux anti-tuberculeux. Pourquoi une telle politique commerciale ? Parce que 95% des 16 millions de personnes souffrant de tuberculose dans le monde n'ont pas les moyens de se payer ces médicaments. (Médecins sans frontières Belgique.) (MSF - Canada.)

À visiter : Développement et Paix

Lundi, 1er janvier, 2001. Paix sur la Terre durant ce millénaire !

Le cycle annuel va recommencer alors avec le jour si désiré des Bon-ans pendant lequel on psalmodiera partout la vieille antienne :
Bon An, Bonne Année !
Em' panche est troée ;
Bayemm' enn' auflette
Pou mett' tout' au d'vant,
Eié ein gros Bon An
Pou mett' au mitant !
Bientôt recommenceront les courses au travers des guérets durcis ; on crossera et l'on suivra à perdre haleine une cholette (soule) de néflier bien pesante. Ainsi, l'on atteindra la venue du soleil nouveau qui réchauffera les ardeurs engourdies, et qui fera éclore à souhait les réjouissances vivement attendues.
(Dr.Valentin Van Hasselt. Le Borinage.)


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